NPA, c'est vraiment parti...

Publié le par LCR 06 OUEST

En août dernier, lors de notre université d’été, Olivier Besancenot et la direction de la LCR lançaient un appel à rassembler les anticapitalistes et à construire un nouveau parti.

 

En janvier 2008, une très large majorité des délégués au XVIIe Congrès de la LCR approuvait cette démarche et sa conclusion audacieuse : la dissolution, après 40 ans d’existence, de la LCR.
Pour autant, le pari était loin d’être gagné.
Une telle idée, assez inhabituelle dans le monde politique, où la tendance naturelle est plutôt au conservatisme d’organisation, allait-elle rencontrer un écho suffisant ?
Existait-il vraiment des milliers de personnes prêtes à prendre parti et à s’engager ?
Ou bien étions-nous condamnés à un simple élargissement de la Ligue, une « LCR bis » comme le pronostiquaient maints commentateurs, pas forcément bien intentionnés ?
De fait, les 28 et 29 juin, le travail réalisé depuis quelques mois devrait permettre à la rencontre nationale des collectifs pour un nouveau parti anticapitaliste de considérer le chemin parcouru.
Et de se donner les moyens de transformer l’essai !


Environ 300 comités existants et une centaine en construction : c’est dire combien l’idée d’un nouveau parti répondait à un besoin réel de milliers de gens qui ne se sentent plus représentés par la gauche institutionnelle.
La rencontre nationale sera d’ailleurs l’occasion d’échanger les expériences locales, de commencer à débattre sur le fond politique, de procéder à un état des lieux global et de mieux cerner la nature de ceux et celles qui veulent s’engager : sympathisants de la LCR ; militants communistes, socialistes ou Verts déçus par leurs partis ; antilibéraux, écologistes radicaux, militants de tradition libertaire intéressés par la seule initiative réellement nouvelle ; syndicalistes et associatifs désireux de traduire leurs résistances sur le terrain de l’affrontement politique central, etc.
Surtout, comme l’indiquent tous les comptes rendus de réunions, de très nombreuses personnes, jeunes ou moins jeunes, dont le nouveau parti sera le premier engagement politique partidaire.


Cette dernière réalité est notamment illustrée par l’émergence de collectifs, y compris dans des localités et des secteurs où la LCR était faiblement présente, voire inexistante.
Au stade actuel, elle valide le choix d’avoir privilégié la construction du processus « par en bas » sur la négociation avec des courants constitués, d’autant qu’à ce jour aucun courant national ne semble intéressé par ce projet.
À l’inverse, cette démarche impliquait que la Ligue donne le maximum de garanties à tous. C’est donc en toute transparence qu’elle a assumé l’organisation de cette rencontre. Mais il s’agit aujourd’hui, précisément, de franchir une nouvelle étape, décisive : l’adoption d’un premier texte de référence, où chacun puisse se reconnaître et la mise sur pied d’un collectif d’animation pour la suite du processus, en assurant la représentation des « non-LCR » engagés dans l’aventure.
En effet, il ne faut pas sous-estimer le caractère inédit – et enthousiasmant – de ce rassemblement et ce que, pour la Ligue notamment, il implique de ruptures avec d’anciennes habitudes militantes.


Mais, chacun et chacune en a conscience, il faut maintenant répondre avec ambition aux enjeux de la situation politique et sociale.
L’élection de Nicolas Sarkozy a évidemment été un coup dur.
Mais elle témoignait moins de la force de la droite ou de l’écrasement des capacités de résistance du monde du travail et de la jeunesse que du sentiment que la gauche n’était décidément pas à la hauteur.
Les nombreuses mobilisations des douze derniers mois ont confirmé cette appréciation. Grève pour les régimes spéciaux de retraites, conflits multiples sur le pouvoir d’achat, défense des services publics, lutte des travailleurs sans papiers, manifestations et grèves enseignantes et lycéennes, mobilisations dans l’audiovisuel public, etc. : la frénésie de contre-réformes de Sarkozy et de son gouvernement n’est pas une promenade de santé. Pour autant, la plupart de ces mouvements n’ont pas permis de bloquer l’offensive du Medef et, l’une après l’autre, les contre-réformes s’appliquent.
Ce qui manque pour inverser le rapport de force, c’est moins l’aspiration à la lutte de la base que l’absence de volonté politique d’affrontement des directions confédérales et de l’opposition parlementaire.
Peut-on d’ailleurs encore parler d’opposition ? Si le PS est difficilement audible, c’est moins un problème de communication que la conséquence de son orientation politique.
S’il « peine à s’opposer », c’est parce qu’il partage sur le fond l’essentiel de la politique menée.


Il est donc plus qu’urgent de construire l’outil qui puisse porter cette radicalité s’exprimant dans de nombreux secteurs de la société, sans être cristallisée politiquement.
Un parti totalement indépendant du PS et dont le centre de gravité se situe dans les mobilisations.
Un parti anticapitaliste capable de résister pied à pied à l’offensive de la droite et du patronat, et de regrouper toutes celles et tous ceux qui n’ont pas renoncé à imposer une autre société, débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions. 


François Duval et Ingrid Hayes

Publié dans nouveau parti

Commenter cet article