Une popularité qui commence à inquiéter !!!

Publié le par LCR 06 OUEST

Olivier Besancenot :
une popularité qui commence à inquiéter le reste de la gauche.

 


LE MONDE


Olivier Besancenot est désormais passé en tête : selon le sondage OpinionWay-Le Figaro du 19 juin (réalisé auprès d’un échantillon de 1 006 personnes selon la méthode des quotas), le leader de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) serait devenu le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy. Quelques jours plus tôt, L’Express remarquait aussi son ascension : M. Besancenot est la troisième personne parmi celles dont les Français "aimeraient qu’elles aient plus d’influence sur la vie politique française" (étude BVA réalisée du 12 au 14 juin auprès de 955 personnes selon la méthode des quotas). Avec son discours de "superdélégué syndical", le jeune porte-parole de la LCR surfe sur les conflits sociaux.


Cette consécration sondagière - il oscille entre 45 % et 60 % d’opinions favorables selon les instituts - vaut-elle ancrage durable ?, s’interrogent désormais ses adversaires comme ses anciens challengers à gauche. Le Parti socialiste s’en inquiète, tandis que les leaders du PCF comme ses anciens alliés de la gauche antilibérale s’en agacent. Nicolas Sarkozy, lui, en joue, ne manquant pas une occasion de souligner que Besancenot "est très bon" et qu’il peut avoir, à gauche, un pouvoir de nuisance équivalent à celui de Jean-Marie Le Pen pour la droite, avant 2002.


Indubitablement, la popularité de M. Besancenot s’est installée. Comme l’a montré une étude de l’IFOP (du 30 mai), cette poussée d’audience s’est opérée en trois étapes : lors du référendum sur la Constitution européenne en mai 2005, puis avec le conflit sur le contrat première embauche (CPE) au printemps 2006, et enfin à la présidentielle de 2007. Elle semble aujourd’hui se cristalliser un peu plus avec un "noyau dur" qui se renforce, la part d’"excellentes opinions" passant de 10 % en avril 2007 à 13 % en juin 2008, explique Jérome Fourquet, directeur de l’institut. "Il se passe vraiment quelque chose. Ce n’est pas seulement une bulle de savon médiatique", insiste-t-il.


Mais, pour les politologues, pas plus que les sondages ne font le vote, la popularité ne veut dire que l’espace politique s’est consolidé. "Pour l’instant, on peut remarquer une focalisation d’image, pas encore de cristallisation. Olivier Besancenot reste un médium à travers qui on fait passer des messages à la gauche", note Stéphane Rozès, directeur de CSA-Opinions. Alors que le Parti socialiste demeure englué dans ses discussions de congrès et de leadership, il est devenu le porte-parole des colères populaires contre les attaques sociales du gouvernement, sans que cela présage d’un ancrage électoral durable.


Les élections municipales n’ont pas démenti ce constat. Les candidats de la LCR y ont réalisé des scores remarqués - plus de la moitié des listes présentées ont atteint 5 % - sur les terres de gauche, anciennement terres d’élection du PCF comme dans le Nord ou du PS dans le Grand Ouest. Mais la démonstration que la LCR capte, seule, l’électorat de la gauche radicale n’a pas été faite. La moitié des listes présentées étaient des listes d’union avec d’autres courants de la gauche radicale.


Quant au souhait de M. Sarkozy de faire jouer à M. Besancenot, à gauche, le même rôle handicapant que celui de M. Le Pen à droite, elle ne résiste pas à l’analyse des reports de voix. "Dans les années 2000, il y avait une vraie scission entre les deux électorats, celui du RPR et celui du FN. Les électeurs de Besancenot et du PS sont plus fluides et forment un camp, avec des différences d’intensité mais sans coupure : les voix obtenues par M. Besancenot au premier tour se sont reportées sur Mme Royal au second", note Vincent Tiberj, chercheur au Centre d’études de la vie politique française (Cevipof).


La LCR n’en doute pourtant pas : la popularité de son leader va faire croître ses effectifs. Elle a lancé un appel à la construction d’un Nouveau Parti anticapitaliste et assure que les premiers pas de cette démarche sont prometteurs. Trois cents collectifs, regroupant 7 000 à 8 000 personnes, doivent se réunir les samedi 28 et dimanche 29 juin à Saint-Denis. "La mayonnaise prend et ça dépasse tous nos pronostics", assure Alain Krivine, porte-parole. Le congrès de fondation est prévu en janvier 2009.


Cette "capitalisation" de la popularité du jeune leader d’extrême gauche pour le nouveau parti ne semble pourtant pas acquise. Une étude de M. Tiberj, publiée lundi 23 juin sur le site Mouvements.fr, montre que seuls 2 % de ses électeurs se disent proches de la LCR. "Les gens votent pour Olivier Besancenot, mais ne connaissent pas la LCR. La gauche mouvementiste, radicale, vote pour lui, car il a une cohérence et une pureté que le PS a perdues", souligne M. Tiberj. Du coup, la réussite de l’ancrage tant électoral que partisan du postier révolutionnaire ne dépend pas de lui ni de son nouveau parti, mais de l’évolution du PS. "Si le PS maintient sa ligne "libérale" sans complexe et continue à chercher du côté du centre gauche, alors Besancenot aura un réel espace", pronostique M. Tiberj.


Sylvia Zappi

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