Projet Union Pour la Méditerranée...

Publié le par LCR 06 OUEST

Entreprise de recolonisation


Le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM), initié par Nicolas Sarkozy, sera lancé les 13 et 14 juillet à Paris. Ce projet a pour but de mieux intégrer dans une politique néolibérale un ensemble d’États du Sud.


Le projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) a été officiellement adopté, le 13 mars, par le Conseil européen. La formule remaniée relance le processus de Barcelone, initié en 1995, dont la vocation est l’établissement d’une zone de libre-échange, en ajoutant trois nouveaux éléments. Le volet sur les droits de l’Homme, qui conditionnait les avancées du « partenariat » méditerranéen et les aides attribuées, est quasiment jeté aux orties. L’Union européenne (UE) propose une gouvernance mixte (Nord et Sud) avec une coprésidence, un secrétariat, un comité mixte permanent et un sommet tous les deux ans. Dans ce cadre, seront ciblés les projets économiques régionaux rapportant aux industriels un taux de profit élevé.


Bien plus qu’un simple outil de politique étrangère, l’UPM est une véritable construction organique visant à gérer activement la « périphérie » immédiate de l’UE. Un autre objectif est l’intégration de l’État d’Israël, à travers la construction d’une communauté économique qui agirait comme un levier pour une normalisation politique avec les États arabes.


Cette union se ferait autour de projets communs : pollution, interconnexion électrique, agroalimentaire, éducation, renforcement de la coopération militaire et lutte contre le terrorisme. Un des premiers chantiers sera d’ailleurs l’obligation commune des États à lutter contre l’immigration clandestine. L’UPM reste néanmoins soumise aux mêmes contradictions que par le passé. Les conflits de la région se combinent à l’absence de garanties d’une ouverture des marchés européens aux produits venants du Sud. Il n’y a même pas un filet de sécurité face à la concurrence inégale qui déstructure l’ensemble du tissu économique. Les politiques libérales imposées continueront à engendrer de fortes résistances sociales pouvant déboucher à terme sur des crises politiques, comme en témoignent les mobilisations populaires récentes au Maroc, en Algérie, en Tunisie ou en Égypte. Une partie des réticences de certains gouvernements du Sud vient de là, sans oublier les rivalités propres aux États qui cherchent à monnayer leurs participations.


L’enjeu, pour Sarkozy, est d’assurer, le 13 juillet, la présence de tous les chefs d’État de la région afin de jouer un rôle plus actif dans la crise du Poche-Orient, tout en veillant à réaliser des contrats juteux. Plusieurs associations du Sud agissent ensemble pour dénoncer cette alliance sans précédent avec des dictatures qui répriment leurs peuples. La mobilisation contre la politique de l’UPM doit s’inscrire dans la durée. Il faut construire un front commun entre les organisations démocratiques, radicales et les mouvements sociaux pour développer une résistance globale contre l’ensemble des politiques de recolonisation qui lient les multinationales et les bourgeoisies dictatoriales.

 

 

 


Chawqui Lotfi

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