"Un ancien d’Action directe chez Besancenot".

Publié le par LCR 06 OUEST


Samedi 28 juin, Le Parisien,Rosalie Lucas.

 

Il y a des soutiens qui ne passent pas inaperçus. Ce week-end, Olivier Besancenot réunit les comités constitués pour la création de son nouveau parti. Cette première rencontre nationale permettra de voir si le projet convainc au-delà des militants de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

 

Mais, la semaine dernière, le « Canard énchaîné » a révélé que Jean-Marc Rouillan, ancien membre du groupe terroriste Action directe, était intéressé par ce nouveau parti. L’ex-compagnon de Nathalie Menigon - la pasionaria d’Action directe - aurait rencontré à ce sujet Olivier Besancenot lors de sa venue à Marseille le 7 juin pour une réunion sur le nouveau parti.

 

Condamné pour les meurtres du général Audran en 1985 et du PDG de Renault Georges Besse en 1986, Rouillan est depuis décembre 2007 en régime de semi-liberté à Marseille. Dans la journée, il travaille pour un éditeur et le soir il retourne dormir en prison. Evoquant le nouveau parti anticapitaliste (NPA), l’ancien terroriste a expliqué y voir « un espoir pour plein de gens qui en ont marre de vivre sans instrument de lutte ». « C’est moi qui suis allé vers eux, j’ai été reçu tout simplement », explique-t-il. Selon son avocat, Jean-Louis Chalanset, à qui Rouillan a fait part de son intention, rien ne s’oppose juridiquement à ce que son client adhère à un parti politique.

 

A Marseille, les amis de Besancenot confirment effectivement que le cofondateur de l’organisation armée rencontre régulièrement des membres du comité local de création du nouveau parti.

 

« Il est le bienvenu comme tous ceux qui ne se résignent pas »

 

« Il s’intéresse, il prend des informations », confie Samy Joshua, membre de la direction de la LCR dans les Bouches-du-Rhône. « On ne demande à personne un bilan de son passé », ajoute-t-il en expliquant que cet intérêt de Rouillan pour le futur NPA n’a pas soulevé de protestation. Mais il semble que pour l’instant, tous les militants ne soient pas encore au courant. « S’il admet que le NPA n’a rien à voir avec la stratégie militaire d’Action directe, il est le bienvenu comme tous ceux qui ne se résignent pas », complète Joshua.

 

Même écho à la direction de la LCR où on minimise l’affaire. « C’est une petite histoire pour nous, assure Pierre-François Grond, l’un des dirigeants de la Ligue. C’est géré par le comité de Marseille. Si Rouillan est conscient que ses anciennes méthodes ne sont pas les nôtres, on ne voit pas pourquoi on s’opposerait à sa venue. » Alain Krivine, figure historique de la LCR, estime normal qu’Olivier Besancenot ait rencontré Rouillan dans ce cadre, et trouve aussi que l’affaire est « secondaire ». D’abord parce que le nouveau parti ne devrait voir le jour qu’en janvier : l’adhésion de Rouillan n’est donc pas encore sûre. Krivine martèle qu’il n’y a aucune ambiguïté sur la position de la LCR qui s’est toujours opposée aux méthodes terroristes : « On s’est pas mal heurté à l’époque d’Action directe, nous ne sommes pas d’accord avec ce qu’il a fait dans le passé. »

 

La LCR a en revanche protesté contre les conditions d’incarcération des membres d’Action directe. Rouillan a d’ailleurs écrit un article sur « l’enfer carcéral » dans le numéro du 5 juin de « Rouge », l’hebdo de la Ligue. Krivine tient en tout cas à préciser que « même si Rouillan finit par venir au NPA, ce n’est pas lui qui en fixera la ligne politique ».

Publié dans nouveau parti

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article