Besancenot : à nous deux le PS...

Publié le par LCR 06 OUEST


Par Virginie LE GUAY. Le Journal du Dimanche du 29 juin 2008.


Le facteur faisait encore sa tournée à Neuilly-sur-Seine, vendredi, comme si de rien n’était. Il est arrivé tard et n’a surtout pas cherché à se mettre en avant, assistant aux débats depuis la salle. En fin de journée, après cinq heures de débat général, Olivier Besancenot a pris la parole. Se présentant comme "Olivier, 92", il s’est adressé à une une salle convaincue d’avance...

 

"La transformation révolutionnaire de la société, c’est une démarche politique. Il n’y a aucune raison que quiconque à gauche se sente menacé par cette initiative. Nous ne nous trompons pas de cible." Beaucoup de monde (800 à 900 personnes) hier à la Plaine-Saint-Denis pour la première réunion nationale du Nouveau Parti Anti-capitaliste, le futur parti politique qu’Olivier Besancenot espère créer lors d’un congrès fondateur d’ici janvier. L’ancien candidat à la présidentielle (1,5 millions de voix) s’est situé "à la gauche de la gauche institutionnelle", en particulier « du PS et de ses alliances ». Pour autant , Besancenot s’est refusé à faire du neuf avec du vieux. "Il n’est pas question de faire un conglomérat avec les morceaux de la gauche actuelle." NPA ne se situera pas contre le PS et le PC. "NPA ne doit pas être le vote de la colère ou de la frustration. Il a vocation a être plus joyeux que l’ultime espoir. Au lieu de pleurnicher et d’attendre que les réponses viennent d’ailleurs, prenons notre destin en main."


Une direction collégiale de quinze membres

 

Dénonçant la "frustration et la colère des couches populaires et des classes moyennes assommées par un an de politique sarkoziste", Olivier Besancenot a mis en avant les résultats obtenus par la LCR lors des dernières élections municipales. "Dans trente villes, nous avons récolté plus de 10% des voix. La gauche radicale n’est pas condamnée à vivre dans une réserve d’Indiens. Nous sommes debout. Face à une société qui nous sort par les trous de nez. Avant cette journée je ne pouvais pas penser à quel point la mayonnaise allait prendre." Présent à cette réunion en "curieux", sans prendre la parole, Alain Krivine se frottait les mains en entendant les propos de son protégé. "On a fait plein de tentatives par le passé. Toutes ont échoué. La moitié des gens qui sont là pour ce baptême ne sont pas à la LCR. C’est aujourd’hui ou jamais."

 

Une autre réunion en octobre devrait déboucher sur la création d’une coordination nationale des collectifs de NPA. Alain Krivine a laissé entendre que NPA devrait changer de nom ("Anti-capitaliste a une connotation négative"). De nombreuses questions restent posées. Les délégués des collectifs de NPA s’en sont fait longuement l’écho. Comment faire de NPA un large rassemblement des forces de gauche et non une simple LCR (Ligue communiste révolutionnaire) "relookée" ou "ripolinée" pour reprendre des expressions utilisées ? Quel sera le positionnement de NPA vis-à-vis du parti socialiste et du PC ? Et du pouvoir en général ? Pour Clémentine Autain, venue au nom des collectifs anti-libéraux : "NPA n’a de chance d’exister durablement que s’il agrège les collectifs anti-libéraux, une partie des communistes, la gauche des Verts et les militants socialistes qui ne se reconnaissent pas dans la ligne actuelle du parti." Et pour l’apparentée communiste, "NPA ne doit pas se contenter d’être un fan-club d’Olivier Besancenot". Olivier Besancenot a assuré qu’il n’entendait pas devenir le numéro un de NPA. Une direction collégiale d’une quinzaine de membres sera mise sur pied. Comme si de rien n’était.

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