NPA, compte-rendu de commisions (6) :

Publié le par LCR 06 OUEST

Presse, propagande...


Les débats de la commission se sont ouverts sur la question de la définition des médias concernés par les discussions à venir. Le constat ayant été rapidement dressé de l’impossibilité de s’en tenir à la seule presse écrite, même si celle-ci demeure essentielle. Un certain nombre d’autres supports de communication ont donc été abordés au cours des discussions. Nous présentons ici, média par média, le résultat des discussions de la commission.


Concernant la presse écrite.


Si mettre fin à une publication est relativement facile, en construire entièrement une nouvelle apparaît comme une tache lourde et complexe. Partant de ce principe, il apparaît beaucoup plus constructif et efficace que Rouge, actuellement organe de presse de la LCR, mute progressivement pour devenir, a terme, l’organe du futur parti anticapitaliste plutôt que de créer ex nihilo un tel journal.


Il semble d’ailleurs aussi essentiel qu’urgent que Rouge commence dès maintenant, et de manière progressive, une telle transformation. En relation avec la période de transition que nous traversons, l’idée serait de faire de Rouge, non pas l’organe du NPA, cette structure n’ayant pas d’existence propre, mais un outil de campagne qui permettrait d’accompagner les militants jusqu’au congrès de fondation de janvier 2009. Rouge est donc invité à se transformer dès maintenant en un « Journal pour un NPA ».


Le congrès de fondation verrait finalement le transfert définitif du journal d’une structure à l’autre, non sans un profond remaniement dont les grandes lignes ont été débattues.


Une grande partie des militants présents ont regretté le manque d’attractivité de la publication actuelle et son éloignement relatif d’un certain nombre de préoccupations, particulièrement pour l’échelle locale.


Le souhait a généralement été exprimé de voir se créer un journal plus simple d’accès, notamment par un vocabulaire et des thèmes plus accessibles. Mais aussi un journal plus dynamique, avec des articles plus courts et un choix de sujets plus vaste. Il serait par exemple intéressant de développer la technique des brèves, mais surtout de créer un certain nombre de nouvelles rubriques, à l’exemple d’une rubrique culture ou d’une rubrique média. Cela présenterait par ailleurs l’avantage de participer à la formation des militants en donnant un point de vue différent sur des sujets habituellement réservés aux médias dits bourgeois, avec les tendances et orientations que l’on connait.


Le journal étant un outil de formation des militants, il apparaît impératif que des articles ou une rubrique soient régulièrement consacrés au développement de points théoriques simples ou encore à des séquences d’analyse de l’information. Là encore, vocabulaire et explications devront s’efforcer de rester accessible au plus grand nombre.


Le journal est par ailleurs envisagé comme étant également un moyen de communication vers l’extérieur, et non uniquement comme un outil d’information interne. Si le développement déjà abordé de rubriques plus variées participe entièrement de cette logique, en permettant un plus grand spectre de choix de lecture, il convient d’y ajouter la prise en compte d’un certain nombre de facteurs locaux.


Les expériences menées par certains comités NPA ont montré que les publications locales rencontraient indéniablement plus de succès auprès de la population que la publication nationale. Il apparaît donc nécessaire de trouver une articulation satisfaisante entre ces deux échelles. Cependant, la question logistique limite sérieusement les possibilités offertes. Une solution pourrait être l’édition du journal dans un format de type A4, à l’exemple de certains quotidiens gratuits. Ce format standard permettrait alors aux différents comités d’y insérer facilement une ou plusieurs pages édités et imprimées localement, en fonction de leurs actualités et préoccupations. L’idée générale devant sous tendre l’ensemble de la transformation étant de rendre le journal plus proche des militants mais aussi de la population, afin que celle-ci puisse s’en saisir le plus largement possible.


La question se pose alors de la rédaction des articles proposés par le journal. La professionnalisation ne peut être retenue. Il apparaît en effet essentiel que les militants s’emparent de leur outil de communication et participent directement à son élaboration. Il serait par exemple envisageable de désigner un correspondant par comité, ou rassemblement de comité, chargé de faire remonter régulièrement des contributions élaborées à titre individuel ou collectif par les membres des comités.


La question de l’adaptation du journal au plus grand nombre, notamment par le biais de la simplification du propos, ne devra cependant pas être synonyme de baisse des exigences dans la qualité du contenu publié, mais uniquement de son adaptation. Par ailleurs, les militants les plus exigeants et les plus demandeurs pourront avoir accès à une revue plus théorique. Celle-ce ne serait pas autre chose que l’évolution de Critique Communiste de revue de la LCR à revue du futur parti. Cette évolution ne pouvant bien entendu pas faire l’économie d’une redéfinition du contenu aux besoins nécessairement nouveaux du futur parti.


Par ailleurs, pour se rendre attractives et reconnaissables, ces publications devront bénéficier d’une nouvelle charte graphique, résolument moderne et cohérente.


Pour finir, la périodicité du journal pourra rester hebdomadaire, étant cependant admis que cette périodicité pourrait dans un premier temps être mensuelle ou bihebdomadaire afin de permettre la mise en place et le rodage du nouvel organe.


Concernant la radio et la télévision


Un certain nombre de militants ont soulignés la nécessité de s’intéresser et d’investir d’autres types de supports que la seule presse écrite. Le principal support évoqué est la radio. L’idée de développer une station propre au futur parti, pour séduisante qu’elle soit pose cependant un certain nombre de problèmes. Premièrement un problème de coût, également un problème d’audience, celle-ci étant globalement insuffisante, pour ne pas dire insignifiante, pour ce genre de station indépendante.


La même analyse a été faite concernant une hypothétique chaine de télévision. La production d’émission est également difficilement envisageable. Reste cependant la possibilité de mettre un certain nombre de travaux audiovisuels en ligne. Des formations sont déjà dispensées en ce sens, notamment à l’université d’été.


Le caractère encore embryonnaire du NPA ne permettant pas réellement d’envisager de manière réaliste le développement de ce type de support, il semble préférable de se concentrer sur l’essentiel, sans pour autant se fermer aucune porte.


Tracts et feuille de boite.


Il apparaît absolument nécessaire que le NPA mette au plus vite des tracts nationaux à la disposition des comités. Deux formules ont été mises en avant.


La mise à disposition hebdomadaire d’un tract, au format A4, servant de verso. Le recto étant laissé à un éventuel contenu local. Ou alors la mise en place d’une formule plus ambitieuse, basée sur un format A3 (4 pages), bihebdomadaire, mais plus complète et abordant plus de sujets. Là encore un espace serait prévu pour les contenus locaux.


Stratégie globale.


La dernière thématique abordée concerne la nécessité de l’élaboration d’une stratégie de communication globale et multi-supports pour le NPA et le futur parti. L’importance de la maitrise de la communication paraît indéniable tant celle-ci est utilisée à tous les échelons par la droite et les médias capitalistes en général. Par conséquent, celle-ci ne saurait être prise à la légère par le futur parti. Il paraît donc intéressant de réfléchir à la création d’une commission communication, réunissant à la fois compétences et bonnes volontés. Cette commission serait en relation directe avec les instances exécutives du parti afin d’assurer une réactivité et une cohérence maximum. Elle s’occupera particulièrement de l’élaboration de stratégies de communication sur le long terme. L’idée serait de s’emparer d’un thème précis, pour un temps donné, et de le développer sur plusieurs supports (presse du parti, média bourgeois, affichage, tracts).


Il apparaît également envisageable de créer ou de susciter un certain nombre d’événement permettant de mettre en avant tel pou tel axe de communication. En définitive de passer d’une communication de réaction à une communication offensive.


Par ailleurs, pour permettre aux plus grand nombre d’accroitre l’efficacité des actions entreprises, des formations spécifiques seraient mises en place, notamment concernant les réactions à avoir face aux médias de masse et à leur possible utilisation.

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