NPA, compte-rendu de commisions (3) :

Publié le par LCR 06 OUEST

Quartiers populaires...


A) Petit résumé de l’introduction faite par Omar :


L’objectif de cet atelier est de partager les idées et les méthodes d’actions dans les quartiers populaires, car le NPA ne pourra exister s’il n’y a pas d’interventions dans ces quartiers.


En effet, les habitants qui y vivent subissent un véritable concentré de tous les méfaits du système capitaliste et des politiques qui l’accompagnent. Les observatoires officiels dont celui de la politique de la ville sont obligés de le reconnaître. Quelques exemples : le chômage est deux fois plus important dans les zones urbaines sensibles, les femmes y sont trois fois plus touchées par la précarité, il y a deux fois plus d’enfants et adolescents en échec scolaire et deux fois moins d’hôpitaux que sur le reste du territoire.


Trois questions y sont hyper présentes :

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La question sociale : elle est surdéterminante. C’est d’abord le PS au gouvernement qui a développé tout un discours sur la territorialisation et l’ethnicisation . Les gouvernements de gauche comme de droite ont tous stigmatisé " les zones de non-droit" ou "les territoires perdus de la république". Le terme toujours employé d’exclus a permis de développer toute une politique d’intégration , des politiques très individualisantes et culpabilisantes et qui tentent d’accréditer l’idée que "celui qui veut s’en sortir il le peut " .


C’est une façon de dépolitiser la question sociale en ne s’attaquant surtout pas aux vraies causes de l’injustice et des discriminations.

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La question de la répression qui concerne bien les dispositifs de police comme ceux de la justice. Il s’agit là de traiter par la pénalisation la pauvreté. Les méthodes policières sont connues : contrôle au faciès, harcèlement, interventions musclées … En matière de justice, dix lois votées en cinq ans permettent de vider de plus en plus l’ordonnance de 1945 relative à la justice des mineurs de tout son volet éducatif, 7 prisons pour mineurs ont été créées, alors que le nombre d’animateurs ou de profs expérimenté est en chute libre dans ces quartiers celui des caméras vidéo surveillance explose…La création de nouveaux délits et l’alourdissement des peines, achève de "criminaliser la banlieue".

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La question identitaire : pour les habitants issus de l’immigration, la question de leur propre histoire, de la mémoire collective est également incontournable. Cette histoire falsifiée par la version officielle néo colonialiste, rajoutée aux discriminations infligées sur tous les aspects de la vie quotidienne est porteuse de vrais enjeux.


B) Résumé du débat "un peu à l’emporte pièce"…


85 personnes étaient présentes dans cette commission le samedi après midi, un peu moins le lendemain matin.


53 personnes sont intervenues,( 28 femmes et 25 hommes ), une majorité est membre de la LCR, quelques camarades de la fraction et un camarade d’Alternative libertaire.


Ambiance super bonne, mélangeant analyses, récits d’action et propositions.


Quelques analyses en vrac :

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d’abord constat général : il se passe beaucoup de choses positives entre habitants des quartiers, ( c’est pas le désert qu’on nous fait croire !)

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en plus du concentré de tous les mauvais coups du pouvoir en place, les quartiers populaires c’est aussi le concentré de toutes les discriminations

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le gouvernement et plus globalement les politiques publiques qu’il met en place cherchent à nous diviser, à nous monter les uns contre les autres, comment faire pour s’unir ? quelles revendications pourraient nous y aider ?

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le potentiel de révolte est énorme sur ces quartiers et pas que chez les jeunes, comment faire pour que dans le NPA nous inventions des réponses qui changent complètement les choses ?


Quelques exemples d’actions organisées et en cours, parmi d’autres :

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à Toulouse, Airbus emploie 12 000 salariés " tous blancs". Les membres du comité NPA ont organisé une collecte de CV au Mirail. Ils veulent faire jouer la discrimination raciale.

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à Paris, dans certains arrondissements, les copains organisent des cafés politique itinérants . A chaque fois il y a un café, un débat et une action concrète ( 160 personnes touchées après 4 débats)

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à Avignon, les camarades impliqués au CA du club de foot, on pu réaliser une vidéo avec les jeunes du quartier, notamment sur les brutalités policières, organiser un débat à partir de cette vidéo, puis faire un rassemblement devant la prison, et là, c’est parti pour l’organisation de la fête de quartier.


Comment on intervient ?


A la fois, on mène dans les quartiers populaires toutes les campagnes NPA que nous menons ailleurs : services publics, salaires, retraites, contre le racisme, soutien aux sans papiers, transports gratuits…Bref on utilise les campagnes nationales et les tracts nationaux. Et on y va vraiment, régulièrement. A la longue , ça paye !


Et à la fois on appuie l’auto organisation des quartiers : des associations existent et agissent, ça vaut le coup "d’en être" . Cela signifie mener les batailles telles que se présentent dans toute leur diversité : fermeture d’école, suppression de services publics, travail sur le logement, ça peut-être parfois agir contre la fermeture de centres commerciaux qui apportent une proximité intéressante pour les habitants… Les attaques étant nombreuses et variées, les ripostes doivent être à la hauteur !


Il peut aussi y avoir des campagnes et des actions spécifiques, par exemple contre les discriminations, contre les interventions musclées de la police ou pour intervenir dans les programmes de démolition des immeubles qui sous couvert de rénovation urbaine visent surtout à refouler toujours plus loin les plus pauvres ou pour le respect du droit de vote dans les prisons …


L’idée de créer un questionnaire à faire remplir sur les quartiers, de construire des cahiers de doléances et de les apporter nombreux dans les conseils municipaux, a également été retenue. Au fond la seule chose à ne pas faire c’est justement de ne rien faire ! Car à chaque fois qu’on se lance ça marche !


C) Et maintenant on décide quoi ?

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Tout d’ abord, faire une campagne massive d’inscription pour l’université d’été.

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Veiller tout particulièrement à ca que les habitants des quartiers populaires soient nombreux dans le processus constituant du NPA et nombreux aussi à être déléguée au congrès ( on sait qu’il n’y a rien de naturel !)

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On crée tout de suite une liste " NPA et quartiers populaires" pour s’informer et échanger les expériences. Sur cette liste des éléments précis que le logement, la prévention de la délinquance, l’ordonnance de 1945, l’ANRU, les règles de protection vis-à-vis de la police seront envoyés … ( à ce jour 80 personnes viennent de s’inscrire)


Bref, une commission efficace qui , de l’avis des participants, donnait la pêche pour commencer ou pour continuer !!!

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