Nouvelle Donne Politique... NPA.

Publié le par LCR 06 OUEST

 

La réunion de Saint-Denis, les 28 et 29 juin, acte l’émergence d’une nouvelle force politique nationale. La présence de près de 800 délégués, représentant des centaines de comités, témoigne de la viabilité du processus qui va nous amener à la naissance d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA). Bien sûr, la route est encore longue ; nombreux sont encore celles et ceux, sceptiques, qu’il va falloir entraîner dans la dynamique créée. Bien sûr, la discussion ne fait que commencer, il s’agit désormais d’aborder la lourde tâche de discussion autour d’un programme, d’un fonctionnement démocratique et de définir l’action de ce nouveau parti… Mais l’essentiel réside dans le sérieux, la sérénité d’une assemblée plurielle qui, au-delà de ses parcours individuels ou collectifs, a pris la mesure des enjeux, des responsabilités qui sont désormais les nôtres. Car notre coordination ne s’est pas tenue dans n’importe quel contexte politique, mais bien dans une situation qui marque les défis qui nous attendent.


Nous sommes en effet confrontés, côté pouvoir, à une équipe déterminée à frapper dur. Elle a fait le choix, malgré le mécontentement, malgré l’impopularité de sa politique, non seulement de continuer l’application des contre-réformes, mais également d’en accélérer le rythme. Ainsi, la liste des lois adoptées, ou en cours d’application en cette fin de printemps, fait froid dans le dos et dessine un projet de régression sociale et démocratique généralisée. Ne nous trompons pas. Que ce rythme se poursuive, que s’applique l’ensemble de ce projet, et alors, quelle que soit l’impopularité actuelle du pouvoir, il aura réussi à remodeler la société française et à modifier les rapports de force en faveur du Medef.


La naissance du NPA s’inscrit donc d’abord et avant tout dans une première urgence ; celle de la riposte contre Sarkozy et Parisot, celle de grèves et de mobilisations unitaires pour faire échouer le pouvoir. Si les équipes du NPA peuvent impulser, donner confiance, fournir les repères aux luttes, aider à la construction de cadres unitaires, ce nouveau parti aura montré son utilité. Il faut construire une véritable opposition à l’UMP, remplacer une gauche défaillante, incapable de s’opposer sur le fond aux projets de la droite !


Car il faudra bien tirer les leçons d’une année d’effondrement de la plupart des directions syndicales et de la direction du PS face aux coups de boutoirs sarkozystes. Nombreux sont celles et ceux qui ont eu la fâcheuse impression de s’être fait balader ce printemps dans des mobilisations sans lendemain. Sur combien de sujets le PS n’a-t-il pas montré son incapacité à s’opposer au pouvoir ? D’ailleurs, la course à la prochaine candidature à la présidence pour 2012 montre le spectacle indécent des ambitions personnelles… Le PS vient de constituer une cellule de veille du NPA et du « phénomène Besancenot ». À quand une cellule de mobilisation contre la droite ?


Pourtant, dans le contexte de crises multiples que nous traversons, l’urgence est à la fois à la riposte et à la définition collective d’un projet de rupture avec un système de plus en plus intolérable pour le plus grand nombre. La crise économique est bien là : effondrement boursier, hausse des prix énergétiques, baisse du dollar, inflation et récession dans une série de pays clés du monde capitaliste. Les ingrédients d’une crise généralisée sont réunis, malgré les propos rassurants et lénifiants d’un des pilotes du monde économique globalisé, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI…


Les financiers ne s’y trompent pas et l’inquiétude gagne gouvernements et décideurs économiques. La crise alimentaire, la crise écologique, la crise européenne sont les autres faces de cette crise, qui montre l’impasse dans laquelle nous plonge le système capitaliste. Autant de questions de fond qui nourrissent la détermination farouche d’un anticapitalisme contemporain, d’un socialisme pour le xxie siècle. Dans la gauche institutionnelle, on a choisi l’accompagnement du système, la guerre des postes plutôt que l’affrontement social… Notre projet tourne le dos à cette gauche gestionnaire qui accompagne la régression. Car c’est la condition d’une modification des rapports de force. La gauche tiède n’a jamais fait la démonstration de sa capacité à battre durablement la droite et à changer la vie.


Nombreux sont celles et ceux qui attendent une alternative globale, combative et anticapitaliste. Des anciens militants, des syndicalistes, des jeunes et des anciens, des écologistes, des féministes, des militants associatifs et, bien sûr, des milliers d’hommes et femmes qui n’ont jamais franchi le pas de l’engagement. C’est, nous le croyons, le moment de prendre parti, de rejoindre les centaines de collectifs qui existent sur le territoire, de forger l’espoir par le nombre et la qualité de nos débats. Plus personne aujourd’hui, après cette réunion, ne peut faire à la LCR le procès du déguisement, de la constitution d’une « LCR bis », tant le rassemblement était au rendez-vous. Mais celui-ci doit encore s’élargir à partir des bases politiques définies dans la déclaration de Saint-Denis. Car nous avons besoin de toutes les forces, de toutes les énergies, pour réussir ce formidable pari que représente la naissance d’un nouveau parti.


Pierre-François Grond

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