Télévision...

Publié le par LCR 06 OUEST


la voix de son maître


L’annonce par Sarkozy, lors de la remise du rapport Copé, de la nomination du président du groupe public France Télévisions par l’exécutif a fait l’effet d’une bombe dans un paysage audiovisuel déjà particulièrement déstabilisé.


Depuis 22 ans, la France a rompu avec cette pratique héritée du gaullisme. Avec l’institution, par François Mitterrand, de la Haute Autorité, remplacée en 1986, sous Chirac, par la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), puis par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), en 1989, on espérait en avoir définitivement terminé avec ces pratiques d’un autre âge. Si ces trois institutions n’ont jamais vraiment brillé par leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique, l’argument démagogique avancé par Sarkozy pour justifier son choix, « un système simple et démocratique » qui réconcilierait le dire et le faire, est un discours digne de Berlusconi, passé maître en la matière.


La télévision n’est pas une entreprise publique comme les autres. Parce que sa mission – « informer, cultiver, distraire » – en fait une arme redoutable pour les démagogues de tout poil, la nomination de son président doit se faire en toute indépendance du pouvoir politique, en commençant par donner un rôle prépondérant aux organisations représentatives de ses salariés et aux usagers, bref à tous ceux et toutes celles qui fabriquent cet outil, qui l’utilisent et… qui le paient.

 

 

 

 

 

 

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