Pouvoir d'achat...

Publié le par LCR 06 OUEST

 

Gesticulation à tout-va !

Campagne de pub, vieilles lunes de la participation… Sarkozy tente de faire diversion face à l’inévitable montée des revendications salariales.

Tout va bien pour la ministre de l’Économie, Christine Lagarde. La hausse des prix serait contenue, des « soldes vivaces » vont « relancer la consommation », et, tenez-vous bien, « il y a eu une hausse sensible du pouvoir d’achat en 2007 ». Inconscience, aveuglement et cynisme de l’ancienne avocate de cabinet d’affaires américain ! Le contenu des mesures avancées par Sarkozy et son gouvernement pour tenter de prolonger le bluff du « candidat du pouvoir d’achat » relève du même mépris.

Les annonces faites, le 3 juillet, aux syndicats de la fonction publique ont confirmé ce que la dérisoire augmentation du Smic, le 1er juillet, a déjà montré. Non seulement le gouvernement ne prévoit qu’une revalorisation de 0,8 % du salaire de base des fonctionnaires en 2009 (et encore 0,5 % en juillet et 0,3 % en octobre), mais il a clairement indiqué sa volonté d’en finir avec la revalorisation du point d’indice et de mettre en œuvre une politique de salaires au mérite, en instaurant une « prime de fonctions et de résultats ».

Dans le privé, c’est le même marché de dupes. Le 1er juillet, les ministres Xavier Bertrand, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez ont présenté aux syndicats et au patronat un projet de loi « en faveur des revenus du travail », qui devrait être discuté à l’Assemblée nationale, à la rentrée, après un passage en Conseil des ministres, fin juillet. Le gouvernement veut permettre aux salariés de disposer immédiatement des sommes versées au titre de la participation, habituellement placées pendant cinq ans minimum avant de pouvoir être débloquées, et il veut inciter le patronat à développer l’intéressement en lui offrant de nouvelles exonérations d’impôts.

Intéressement et participation, ce sont les vieilles ficelles inventées par de Gaulle pour tenter de faire croire à une communauté d’intérêts entre patrons et travailleurs. Le montant des sommes versées aux salariés dépend en effet des résultats de l’entreprise. Et encore, quand les actionnaires le veulent bien. L’an dernier, la direction d’Airbus avait déclenché la colère des salariés lorsque ceux-ci avaient touché, au titre de l’intéressement, de 0 à 3 euros, alors que le PDG, Noël Forgeard, avait quitté l’entreprise avec 8 millions d’euros.

Enfin, le projet de loi prévoit de conditionner les allègements de cotisations patronales (25 milliards d’euros cette année) à l’ouverture par les patrons de négociations salariales – même si celles-ci ne débouchent pas sur une augmentation des salaires.

Toutes ces gesticulations ne peuvent faire illusion alors que la hausse des prix s’emballe. Patronat, gouvernement, dirigeants des institutions financières font feu de tout bois contre la hausse des salaires, pour sauvegarder la santé florissante des profits malgré la crise. Pour la population, les salariés, l’urgence est au contraire de défendre nos vies en prenant sur leurs profits.

Galia Trépère


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