Ville de Paris...

Publié le par LCR 06 OUEST

 

Delanoë « nettoie » le service public !


De nombreuses mobilisations sont lancées, dans les services publics à Paris, contre la volonté de la mairie de les privatiser ou de les précariser.

La grève des services de la propreté se trouve au premier plan.


Il y a quelques semaines, la direction de la propreté et de l’eau de Paris a rencontré la CGT et lui a fait part du projet de privatisation de la collecte des ordures ménagères dans quatre arrondissements, les 3e, 9e, 16e et 19e (elle est déjà privatisée dans les 1er, 4e, 7e, 10e, 11e, 13e, 15e et 18e). Un cadre plurisyndical (FO, CFTS, Unsa, Siat) a alors lancé un mouvement de grève reconductible à partir du jeudi 26 juin. La grève a été un succès, avec 67 % de grévistes et une manifestation devant l’Hôtel de ville. L’assemblée générale a décidé de reconduire la grève le lendemain. Une délégation a été reçue à la mairie de Paris, mais celle-ci n’a pas reculé.


Il a été décidé de maintenir la pression. À la suite d’une nouvelle rencontre avec la mairie, il a été proposé une grève, jeudi 3 juillet, avec occupation des mairies d’arrondissement et une reconduction le vendredi, puis 55 minutes de grève, les samedi et dimanche, jusqu’à la grève de tous les services publics de la Ville de Paris, le lundi 7 juillet, à l’ouverture du conseil municipal. Celui-ci devait délibérer, entre autres, sur le nettoiement. Le vote devait avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi.


Le succès de la grève est pour l’instant mitigé, mais il y a un réel ras-le-bol chez les salariés. Derrière cette privatisation, se posent de nombreuses questions sur la privatisation complète des services de propreté, les conditions de travail, les statuts, les salaires, les retraites des salariés. D’autant que, dans le même temps, puisqu’elle n’embauche pas, la direction augmente la pression sur les salariés et parle en permanence de réorganisations des services.


La mairie prétend que les arrondissements concernés par la privatisation seraient sales, alors que le taux de satisfaction des habitants sur la propreté des rues est très élevé (60 à 80 %) et en nette augmentation depuis 2002. En réalité, la privatisation permet différentes économies. Lorsque la collecte sera supprimée dans tous les arrondissements, la mairie pourra en finir avec le statut d’éboueur, qui permet la retraite à 55 ans. Dès maintenant, elle peut baisser les salaires par la suppression de différentes primes. 130 postes disparaîtront à plus ou moins long terme. Pour les salariés et les habitants, la privatisation signifiera aussi une plus grande pression, des salaires moindres, et un nettoyage dont la qualité sera fonction de la richesse de l’arrondissement.


La mobilisation dans les services de la propreté survient dans un contexte de mobilisation dans les autres services publics de Paris. Au service de la petite enfance, on réclamait des postes en avril (partiellement obtenus), tandis que la mairie généralise la privatisation des tâches de ménage et sollicite des crèches privées. Dans les bibliothèques, fin juin, une grève a empêché le licenciement de nombreux vacataires. Alors que l’eau ne passera pas en service public, mais dans une nouvelle délégation au privé, la mairie supprime le Centre de recherche d’expertise de contrôle des eaux de Paris (Crecep), avec 84 licenciements et 55 reclassements à la clé. Enfin, les conditions de travail à Vélib’ sont tellement mauvaises que les démissions se succèdent.


Toutes ces mobilisations donnent un aperçu de la logique très capitaliste de ce maire qui se dit « social-libéral ». Licencier, privatiser, précariser, cela ne pose pas de problème ! Mais, paradoxalement, ces attaques permettent aux secteurs syndicaux des services publics de Paris de se réorganiser, de se reconstruire et de se coordonner. Alors, par des grèves et la mobilisation de tous les services publics, il faut le faire reculer.




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