NPA : un projet qui dérange...

Publié le par LCR 06 OUEST

 

Après la réunion nationale des comités pour un nouveau parti anticapitaliste (NPA), les 28 et 29 juin derniers, les réactions se sont multipliées.


Le succès de la réunion nationale des comités pour un nouveau parti anticapitaliste, les 28 et 29 juin derniers, a obligé la presse à en rendre compte. L’Humanité reconnaît que la démarche est « loin de se résumer à un succès d’estime ». Un processus est lancé, bien lancé, qui ne se réduit pas à une « LCR-bis ». À l’heure où une bonne partie de la population se désintéresse de la politique institutionnelle, cette dynamique détonne. Les journalistes en perdent leurs repères, ou s’y accrochent : l’envoyé spécial de Libération décrit un monde de Bisounours, où « tout le monde s’appelle copain ou copine » ; la journaliste de Marianne 2 se réfugie dans le jeu de mot facile en faisant appel aux « bobolcheviques ». Quelques jours plus tôt, les membres du comité NPA d’Avignon avaient eu la surprise de se découvrir « fans de Besancenot », dans Libération


La dynamique fait tout de même peur à certains, alors que le climat au PS se tend, le débat d’idées aussi inexistant que l’extraterrestre de Roswell. Ces derniers jours, le projet du NPA a été présenté, disséqué et forcément critiqué. C’est bien normal, et on ne va pas s’en plaindre. Mais on a aussi le droit de répondre quand la discussion confine au faux débat ou quand elle est malveillante. Le dessin de Plantu, en une du Monde, dans lequel Sarkozy se réjouit de la popularité d’Olivier Besancenot, pourrait faire rire s’il ne reprenait pas la thématique, usée jusqu’à la corde par les staliniens, de l’extrême gauche alliée objective de la droite. Les fausses équations, dans certains journaux, sur « Besancenot, Le Pen de la gauche », laissent un goût amer quand on sait combien la LCR a toujours été en pointe des combats contre l’extrême droite.


De prétendus experts déchaînent leurs lumières. Philippe Raynaud, spécialiste en sciences politiques, affirme ainsi, dans Libération, en parlant de la LCR et, par extension, du futur NPA, « qu’à aucun moment elle ne votera pour une gauche classique au second tour ». On pourrait lui suggérer un simple effort de lecture des derniers communiqués électoraux de la LCR pour le rassurer sur notre volonté de ne pas faire le jeu de la droite ! Dans Regards, un autre spécialiste, Serge Cosseron, se transforme en véritable Madame Irma : « Le processus fait véritablement attraction. Une partie non négligeable de la gauche syndicale y va. Mais une fois l’enthousiasme passé, la LCR va se heurter à l’impossibilité de dépasser sa culture et d’accepter la différence. » Alors qu’Elisabeth Teissier avait prévu la victoire de l’équipe de France de football à l’Euro, on peut dire que les temps sont durs pour les astrologues…


Signalons l’heureuse initiative de la revue Mouvements, qui consacre un numéro entier à la question du nouveau parti. Il ouvre des pistes de débat, pose des questions que le NPA devra clarifier, même si des désaccords persistent. Mais il faut souligner la désinvolture avec laquelle Jean-Christophe Cambadélis, pour le PS, écarte d’un revers de main le NPA. Pour lui, la LCR, qui « avait en son temps le choix de la poupée médiatique entre Christophe Aguiton et Olivier Besancenot », enferme le NPA dans une « impasse stratégique » par la « critique sans arrêt et sans temps mort de la social-démocratie », « par le refus de tout programme minimum dans la gauche ». Hors de l’alliance avec le PS, point de salut ! Avec en plus une pincée de méthode Coué, car il voit « une absence d’intérêt pour le parti dit en gestation », un projet ne pouvant intéresser que « des secteurs violemment contestataires et totalement anarchisants », alors que le « creuset d’une nouvelle gauche » passera par le PS. Il y a là un condensé de toutes les critiques qui vont être adressées au NPA : inutile, inefficace, voué à l’échec, irréaliste. Ces fausses tares témoignent surtout d’une véritable crainte : celle de voir le futur NPA contester, en toute indépendance, l’hégémonie à gauche d’un PS de plus en plus coupé des classes populaires. On n’y est pas encore, mais la perspective a de quoi faire frémir une droite de combat et une gauche résignée.


Sylvain Pattieu


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