NPA, compte-rendu de commisions (8 bis) :

Publié le par LCR 06 OUEST

Campagnes...


Dans le cadre de la 1ère coordination nationale du NPA, des ateliers ont permis de préciser les orientations du nouveau parti par thème. La commission « Campagne de rentrée 2008 » a réuni une trentaine de participants. Même s’il n’y a pas eu de « tour de table », l’ensemble de ceux qui voulait s’exprimer ont pu le faire. Les participants n’étant pas mandatés pour porter des décisions, la recherche d’un consensus a été favorisé, sachant qu’à l’issue de la commission pourra être porté à l’ensemble des comités locaux et du l’équipe d’animation nationale quelques propositions convergentes à construire.


La synthèse s’axe autour de trois éléments : la question de la nécessité d’une campagne nationale, sur la base de quel thème, et l’art de la mener.


A) Faut-il une campagne nationale ?


La réponse est unanimement affirmative :


 pour rendre visible le NPA qui vient de naître et qui dès lors, est « attendu au tournant » par un électorat qui en a marre des promesses non tenues,


 par nécessité d’urgence, vu les dégâts occasionnés par les contre-réformes actuelles sur une part de la population grandissante et qui souffre durement du nouvel ordre esclavagiste dans le milieu du travail (chantage à la précarité, prostitution des étudiants, ...), de l’impossibilité de vivre dignement, et de difficulté d’avoir accès aux soins, à l’eau, à l’électricité, au logement,


 pour en finir avec un régime, celui du libéralisme incarné par le gouvernement Sarkozy, qui fait de plus en plus de victimes et qui mène une répression de plus en plus violentes face à la colère que cela engendre.


B) Thème(s) de la campagne ?


La campagne nationale doit éviter deux pièges :


 vu le nombre des attaques, il ne s’agit pas d’élaborer une campagne fourre-tout. La proposition de développer la campagne contre la nuisance du gouvernement Sarkozy n’a pas été retenue : il s’agit moins de se positionner contre un homme (que cela grandirait) que d’expliquer pourquoi il faut en finir avec le système capitaliste.


 À l’inverse, la campagne doit pouvoir s’adresser aux personnes victimes de ce système, quelles que soient leur position sociale dans le monde familial (célibataire, en couple, hétéro ou homosexuel, divorcé(e), ...), dans le monde du travail (salarié, employé, chômeurs, étudiants, ...) et au-delà des positions définies par les lois répressives actuelles (jeunes dits des « quartiers populaires », nomades, prostitué(e)s, précaires, sans-papiers travailleurs ou sans-emplois, ...).


A l’unanimité, les participants pensent que ce thème doit à la fois s’axer autour d’un combat contre la précarité et défendre l’idée du « pouvoir de vivre ». L’idée du pouvoir d’achat si chère au pouvoir en place qui a centré sa campagne présidentielle sur ce sujet (sans y répondre dans les actes) est discutée car elle réduit le citoyen a son rôle de consommateur.


Du coup, 2 points sont régulièrement revenus :


 définir une campagne autour de l’augmentation des revenus, en reprenant les objectifs d’arriver à des revenus égaux à 1500€ nets pou r tous et/ou une augmentation de 300€ pour tous (ce dernier point est discuté, car pour nombre de prolétaires pauvres, cette augmentation ne suffit pas pour vivre dignement en payant toutes les charges incompressibles). De même, cette campagne doit s’intégrer dans une dynamique qui montre combien le système capitaliste est nuisible : c’est une mesure d’urgence transitoire. La seule augmentation des revenus ne serait qu’un sparadrap (tel un RMI) si aucune remise en cause de la répartition des richesses et des moyens de production n’est faite. Aucun problème n’est résolu sans disparition des profits capitalistes et l’obtention de la gratuité des services publics (soins, transports en commun, éducation, culture, logement).


 Élaborer une campagne sur la défense du système de santé et autour de la protection des services publics de manière plus large. Cette campagne s’inscrit aussi dans une démarche d’urgence avant les votes des textes issus des orientations Bachelot – Larcher attendus en septembre et qui démantèleront la sécurité sociale en renforçant le poids des mutuelles que tout le monde ne peut pas s’octroyer. Là encore, cette campagne s’intègrera dans un discours qui prône la gratuité des soins obtenue grâce à l’argent d’une meilleure redistribution des richesses. D’ailleurs les maux qui touchent les services de santé (fermeture des hôpitaux en zone rurale, personnel soumis au dogme de la rentabilité qui a de moins en moins de temps disponible à l’écoute du patient / usager) sont les mêmes que ceux qui affectent tous les services publics : le principe d’égalité de traitement des citoyens est remis en cause par la désaffection territoriale de l’Etat, la fermeture des services de proximité, le réaménagement des cartes judiciaires et scolaires, etc ...


C) comment mener la campagne ?


Chacun a conscience qu’il faut dépasser l’activisme de chacun et ne pas s’arrêter à des distributions de tracts, des collages d’affiche, une manifestation et puis basta !


Cela implique une recherche d’innovation dans les moyens de lutte, en joignant l’humour et la motivation au discours (ce qui est plus facile à dire qu’à faire), quitte à détourner la propagande actuelle (exemple : Vous vous impatientez ? 1500€ pour tous dès aujourd’hui !). La nécessité d’être visible amène à multiplier les opérations organisées « coup de poings ».


Cette démarche doit toujours s’inscrire dans une aide de convergence des luttes afin d’arriver à « la grève générale », seule méthode « pacifique » qui permettra de changer de mode de gestion de la cité (par le développement de l’autogestion locale et de la démocratie respectée).


Bien sûr, la réalité du terrain présente des obstacles mais aussi des attentes :


 nécessité de tenir compte de l’immobilisme des syndicats engendré par des bureaucraties à leur sommet qui ont abandonné leur rôle premier, la défense des travailleurs, - nécessité d’allier la cohérence et l’opiniâtreté dans notre combat afin d’amener des sympathisants potentiels qui restent observateurs de notre dynamique à mener la lutte à nos côtés (qu’ils soient politisés comme certains militants de LO, du PC ou écologistes ou pas) - nécessité que toute cette colère qui s’exprime aujourd’hui ne soit enfin plus gâchée, dispersée et fatiguée par les pseudos tressaillements syndicaux.


Quelques propositions / exemples ont été donnés afin de lister ce qui permet d’être plus efficace :


 enquête sur le lieu de travail. L’expérience a été effectué à Peugeot Mulhouse : cela permet aux citoyens d’avoir, d’une part accès à un lieu d’écoute, d’autre part d’évoquer les rouages du système qui les exploitent. Cette enquête peut servir comme fondation pour une mobilisation locale,

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mobilisation permanente, visible et entretenue, comme à Carhaix, avec réappropriation des revendications par tous. L’existence d’un camping devant l’hôpital a permis à la population de pouvoir constamment se tenir informé des modes et des objectifs de la lutte,


 initiative spectaculaire à soutenir qui marque la spontanéité au-delà des organismes, à l’image d’une femme à Alençon qui manifeste chaque dimanche matin contre la vie chère,


Pour dépasser les mouvements initiés par les syndicats et organiser une présence immédiate, il serait bienvenu d’utiliser à meilleur escient les outils technologiques (SMS, internet) et de reprendre des principes simples de mobilisations abandonnés depuis un moment (AG en fin de manifestation pour fixer des perspectives, occupations et blocages plus volontaires, réunions publiques ...). Le tout doit être mené en parallèle avec la formation des nouveaux participants qui n’ont pas ou peu l’habitude de s’exprimer face à un public nombreux afin qu’ils acquiert plus de facilité dans l’expression de leur revendications.


Plus concrètement, 3 pistes ont été évoquées pour construire cette campagne :


 1 / occupation des supermarchés et grands centres commerciaux afin de pouvoir toucher chacun dans son quotidien. Ce lieu permettrait de plus d’aborder plusieurs thèmes chers au NPA tant ces lieux concentrent tous les maux du capitalisme : produits surfacturés à cause des rapports production / distribution vérolés par la spéculation, modes de production à revoir, conditions de travail délabrés, employés sous payés, caissières soumises au management patriarcal, perte du « pouvoir de vivre » des clients quelque soit leur statut social, ...


 2 / marches des « victimes » des fermetures des services publics qui passeraient par les lieux démantelés et convergeraient sur la capitale (à l’image de la marche des chômeurs),

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 3 / contre-sommet à Annecy le 24/9 à organiser avec les italiens et les suisses (entre autres) dans le cadre du sommet européen réuni pour la réforme de la PAC.

Quelques remarques cependant :


 Faut-il attendre la rentrée et calquer notre activité sur les calendriers scolaires ou syndicaux : à l’heure où apparaissent des émeutes de la fin dans une telle société d’abondance, le NPA ne peut-il pas être plus présent, même en période estivale : en un mot, le NPA ne doit-il tout simplement pas être la locomotive manquante qui remet les wagons de la colère sur un rail déterminé ?


 Faut-il s’arrêter aux questions nationales alors que la NPA a un objectif internationaliste, surtout à l’heure où les peuples européens marquent leur désaccord vis à vis des textes libéraux qu’on leur propose ou leur impose, à l’heure ou le néocolonialisme français n’a jamais mis aussi mal le contient africain ? La commission « Internationalisme » a dû travailler sur ces points.


Les participants insistent sur la nécessité d’une campagne nationale mobilisatrice mais complexe à organiser. Cette campagne ne doit pas cependant vider les acteurs de toute énergie pour continuer, en parallèle, de mener des combats locaux qui permettent de mieux coller à l’actualité des quartiers.


D) consensus à l’issue des débats à proposer aux comités locaux et à coordination nationale d’animation.


Avec toutes les pistes et contraintes dégagées ci-dessus, un accord s’est dessiné sur certains points :

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la campagne doit être la Carte d’identité du nouveau NPA et servir d’outil pour expliciter une vision, même si les bases programmatiques n’ont pas encore été précisément délimitées.

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cette campagne devra s’axer sur l’un des (ou les) 3 thèmes suivants :


* 1 / droit aux revenus dignes (revenu d’autonomie ?) / "pouvoir de vivre"


* 2 / santé accessible pour tous et protection du système de sécurité sociale


* 3 / lutte contre la précarité.


Le thème qui semble recueillir le plus de motivés est le premier cité. Les moyens classiques de développement de la campagne ont été évoqués (élaboration d’un 4 pages + affiche + appels aux organisations prêtes à soutenir l’action) mais il ressort de cette discussion que chacun est favorable à l’édification d’une journée nationale (en octobre, hors calendrier syndical) d’action autour du thème "droit aux revenus". Cette journée devra être clairement une initiative d’un NPA qui veillera à ne pas reprendre exactement les mêmes slogans que ceux de la LCR (histoire de visibilité, même si beaucoup d’entre eux sont en accord avec les volontés de chacun) et pourra s’inscrire dans une campagne dite pédagogique dans le cadre d’une occupation de supermarchés par exemple.


Elle pourra ainsi faire ressortir les thématiques de vérités des prix, de spéculations et non-redistribution des richesses à l’heure où tout augmente (énergie, alimentation, médicaments) et fait que la population se paupérise alors qu’un minimum s’enrichit.


Cette campagne sera l’outil nécessaire qui permettait de redonner l’envie aux gens de se battre et de retrouver l’espoir de gagner : c’est là le véritable enjeu.


Le choix de la date de la journée (vers mi ou fin octobre, mais pas le 7 octobre) n’a pas été fait, de même que n’a pas été décidé si cette journée est unique ou s’inscrit dans un créneau de dates d’action selon les possibilités locales.


De même, le choix d’un thème ne doit pas nous pousser à abandonner les autres qui peuvent être abordés dans des actions locales ou à échelle intermédiaire (idée du contre-sommet par exemple).


Au soin aux comités locaux, à partir de cette base de faire remonter à la coordination les éventuels aménagements à cette proposition.

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