Encore sur l'Université d'Eté de la LCR...

Publié le par LCR 06 OUEST

Une promesse d'avenir...


1 300 militants, sympathisants et membres des comités pour un nouveau parti anticapitaliste se sont retrouvés à la dernière université d’été de la LCR, du 23 au 26 août, à Port-Leucate (Aude). Un beau succès.


La presse ne s’y est pas trompée : affluence exceptionnelle, richesse des débats, enthousiasme, jeunesse, et même réussite de l’organisation (après tout, nous ne sommes pas si mauvais…). La critique s’est faite plutôt discrète, à l’exception peut être de l’Humanité, qui n’a pu s’empêcher de bougonner sur notre prétendue « crise » (sic !) de projet ou de débouché1. Pourtant, n’en déplaise à certains, cette université a été, avant tout, un succès politique. Comme les années précédentes, le cadre était certes des plus agréables, et ce fut, comme chaque année, des vacances – parfois même les seules vacances pour un certain nombre de participants et participantes. Mais un sentiment d’urgence a dominé, qui explique le succès et la teneur de la plupart des débats ayant eu lieu.


Face à Sarkozy, on a pu voir émerger une « nouvelle force », en prise avec une radicalité qui plonge ses racines dans la situation elle-même, exprimant le besoin d’un projet qui ne renie rien de son ambition à vouloir « changer le monde ». C’est cette radicalité qui s’est exprimée durant ces quatre jours, cette envie nouvelle de politique que nous avons commencé à ressentir autour de nous, en phase avec ce que nous sommes en train de vivre dans cette société dominée par les crises et les guerres, toujours d’actualité, toujours plus graves.


Elle devait être la dernière de la LCR, mais être en même temps, un peu, celle du nouveau parti anticapitaliste (NPA) : elle fut pleinement les deux. Fait notable, cette université a déjà commencé sa mue. Bien sûr, nous n’avons pas boudé notre plaisir à reconnaître les mêmes têtes, gage d’une fidélité jamais démentie aux combats anciens, qui s’alimente chaque année de nouvelles expériences à l’écoute des autres. Mais, avouons-le, notre plus grand plaisir fut aussi et peut-être surtout de ne pas reconnaître grand monde. Il fut de découvrir un rassemblement non seulement plus important, mais sans doute plus jeune et plus populaire, en tout cas en phase avec ce que nous voulons construire. Une évolution dont on peut dire au passage qu’elle n’est peut-être pas très favorable à un équilibre financier – puisque les tarifs sont adaptés aux moyens de chacun, plutôt en baisse – mais qu’elle est excellente pour le moral ! Ce début d’amalgame entre ancienne et nouvelle génération, entre « vieille Ligue » et « nouveau parti » en gestation, s’est aussi vue dans les débats.

 
Nouveau projet...

 
On notera donc le souci de transmettre quelque chose, de donner des points de repère communs et d’insister sur la formation – un peu trop diront certains, mais c’est quand même bien diront d’autres –, notamment concernant l’histoire du mouvement ouvrier, du parti, les idées de Marx… Tant il est vrai qu’on ne fait pas du neuf en reniant son passé. Il y eut aussi, comme chaque année, les nombreux débats sur les questions du féminisme, du syndicalisme, sur l’écologie, ceux animés par la commission LGBTI2. L’actualité internationale occupa également une large place – en particulier avec des camarades de Pologne, d’Algérie, d’Allemagne, d’Italie, de Kanaky, des États-Unis… Il y eut bien sûr Mai 68 à revisiter, mais pour faire mieux encore !


Pourtant, la nouveauté fut ailleurs. Il y eut, semble-t-il, plus de cultures politiques différentes, plus de fraîcheur aussi dans le public, et sans doute plus d’impertinence que d’habitude, loin des polémiques traditionnelles aux codes parfaitement maîtrisés par les habitués, souvent obscurs aux néophytes et finalement insupportables pour tout le monde à la longue. Il y eut peut-être quelque chose de neuf, enfin, dans nos débats, à la fois plus apaisés et plus contradictoires.


« Vous dites cela, mais… » Ce « mais… » est désormais devenu une habitude dans les comités du NPA, car il faut rediscuter de tout puisque rien n’est acquis, ni évident. Il l’est devenu aussi à l’université d’été, et cela fait un bien fou, loin des querelles de chapelle, avec la volonté de comprendre vraiment, parce que tout est à reconstruire, avec cent fois plus d’énergie. Symboliquement, le débat de clôture et la dernière journée furent organisés par le collectif d’animation national du NPA. Le relais est pris semble-t-il et, désormais, c’est un nouveau projet qu’il nous faudra discuter. Il est bien parti. 
  


1. « Le nouveau parti anticapitaliste n’échappe pas à la crise du projet à gauche… », l’Humanité, mercredi 27 août.


2. Lesbiennes, gays, bis, trans et intersexes.

 
Jean-François Cabral

Publié dans divers

Commenter cet article