Parti Socialiste, lamentable spectacle...

Publié le par LCR 06 OUEST

On ne peut vraiment pas dire que le Parti socialiste a effectué sa rentrée sous le signe de l’opposition résolue au sarkozysme. Son université d’été aura ainsi été le théâtre d’un choc délétère d’ego et d’alliances internes à front renversé.


Au vu de la farce de La Rochelle, on ne peut exclure que la crise du Parti socialiste prenne, au congrès de Reims, la forme d’une réédition de l’éclatement auquel avait donné lieu celui de Rennes, en 1992. Mais l’affrontement sans merci des écuries présidentielles, pour le contrôle du parti en vue de 2012, n’explique pas, à lui seul, une telle désagrégation. Cette dernière s’explique d’abord par l’incapacité du PS d’opposer le moindre projet se distinguant d’une droite conduisant, sans état d’âme, son entreprise de destruction sociale et de régression démocratique.


La question de savoir qui, de Ségolène Royal, Bertrand Delanoë ou Martine Aubry, à moins qu’il ne s’agisse d’une autre personnalité choisie par François Hollande pour protéger son propre statut central dans le parti, deviendra le prochain premier secrétaire est finalement de peu d’importance. Non qu’il n’y ait aucune différence entre eux, mais tous défendent, sur le fond, la même orientation de soumission aux exigences du capitalisme libéral. Les courants qui s’étaient engagés dans la bataille du « non » au traité constitutionnel européen en 2005, ont d’ailleurs tous pris acte qu’ils ne pouvaient prétendre au redressement de leur formation sur une ligne plus à gauche : ils oscillent entre reniement (Montebourg et Peillon ralliant chacun un des clans dominants), reclassement au centre du parti (Fabius s’alliant aux strauss-kahniens et à Aubry), négociation d’un rôle d’appoint (Emmanuelli et Hamon) ou figuration (Mélenchon et Dolez présentant seuls une motion de gauche).


Dans son discours de clôture de La Rochelle, le premier secrétaire en titre aura, en quelque sorte, dessiné la seule « synthèse » possible à Reims : hormis de vagues propos sur la relance de l’investissement et la promesse (difficilement évitable) de la suppression du « paquet fiscal », il aura surtout tenu à se différencier de « l’extrême gauche » en indiquant que le PS n’entendait plus prétendre répondre à toutes les attentes populaires et qu’il ne souhaitait pas être le parti des mobilisations sociales. Dans une tribune du Monde, le 20 août, le fabiusien Henri Weber avait pourtant, tirant le bilan d’une décennie de renoncement social-libéral, indiqué où tout cela conduisait : « Le compromis social-défensif [sic] n’a pu empêcher l’explosion des inégalités, l’essor du travail précaire, la réduction du niveau de la protection sociale, l’augmentation des "travailleurs pauvres". » Il ajoutait, prémonitoire : « Si elle veut revenir au pouvoir, la social-démocratie européenne doit proposer une nouvelle offre politique. » Ce serait le seul moyen de retrouver le soutien de classes populaires victimes des politiques libérales que le PS a approuvées depuis 1981. On en est loin…


Christian Picquet.

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