La crise du capitalisme s’approfondit ...

Publié le par LCR 06 OUEST


 

Il y a juste un an quand la crise des crédits immobiliers éclatait aux USA, les « experts » aux ordres se sont précipités pour nous expliquer qu’elle resterait cantonnée à ce secteur. Aujourd’hui, Le chancelier de l’Echiquier britannique, Alistair Darling (ministre des finances) a averti que son pays et le reste du monde étaient confrontés à ce qui semble « certainement le pire » déclin économique depuis soixante ans et que celui-ci serait « plus grave et plus long » que prévu. Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a estimé que la situation économique avait « touché le fond » et qu’il faudrait attendre 2009 pour « une reprise graduelle ». Si elle a lieu… La crise financière est maintenant la plus importante depuis 1929, et l’économie mondiale est en plein ralentissement. Dans la zone euro, c’est même la première fois de son histoire que la croissance est négative. Le choc est tellement fort que la demande en pétrole et en matières premières baisse elle aussi, mais les prix restent tout de même à un très haut niveau. La « stagflation » (récession combinée à un fort taux d’inflation) est aux portes, ouvrant une période de fortes turbulences. En France, tous les indicateurs sont au rouge, et l’entrée officielle en récession (deux trimestres consécutifs de baisse) est plus que probable. Le chômage va repartir à la hausse.


On savait déjà que ce système globalisé créait des inégalités majeures. Il a aujourd’hui perdu en plus toute crédibilité selon ses propres critères. A cela s’ajoutent les crises énergétiques, écologiques, alimentaires. La sous-nutrition touche plus d’un milliard de personnes. Pour ne parler que du blé, malgré une production en hausse cette année, les prix resteront très élevés. Le capitalisme montre sa faillite, mais il va devenir encore plus brutal et plus guerrier, contre les populations et contre l’environnement. Chaque secteur capitaliste va chercher à reporter la crise sur les autres, et tous ensembles ils vont tenter de pressurer encore plus les salariés. Comme d’habitude, on voudra socialiser les pertes si on ne peut plus privatiser des profits réduits.


La guerre sociale engagée par le gouvernement Sarkozy a déjà eu des conséquences désastreuses : cadeaux aux plus riches, démolition des 35 heures et du code du travail, coupes sombres dans les emplois publics, rafles de dans papiers… Elle a en même temps enfoncé le pays dans la crise. Face à cela les solutions avancées par les dirigeants du PS sont à la fois timorées et irréalistes. Elles consistent à quémander une régulation du libéralisme aux institutions mêmes qui organisent la concurrence généralisée, dont celle « libre et non faussée » de l’Union Européenne. Et c’est pire encore du côté des socialistes quand ils sont au pouvoir. En Espagne Zapatero a convoqué fin août une cellule gouvernementale d’urgence pour réfléchir à des mesures permettant de faire face. A la sortie, la première des mesures envisagée était... la fin de l’impôt sur les fortunes. On croit rêver !


L’issue est moins que jamais dans le durcissement de la concurrence entre salarié-es et entre pays. Une modification radicale s’impose au contraire dans le partage des richesses, scandaleusement concentrée dans les mains d’un minuscule nombre d’actionnaires. Augmenter les salaires, réduire le temps de travail à revenus constants, interdire les licenciements, défendre et étendre les services publics, prévenir la crise écologique : plus que jamais l’anticapitalisme est à l’ordre du jour. Il faut en finir avec ce système qui nous emmène droit dans le mur.

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