Vie nationale de la LCR (3)...

Publié le par LCR 06 OUEST

Texte soumis au vote de la DN des 6 et 7 septembre


Contribution pour le congrès de la LCR. Par la tendance Unir.


Vote de la DN : Pour :12 ; Contre : 64 ; Abstention : 1 ; NPPV : 2


Au regard de l’indigence des perspectives proposées à gauche, l’audience que reçoit déjà le projet d’un « nouveau parti anticapitaliste » confère au processus engagé une responsabilité importante. Il peut être une première étape dans l’affirmation d’une perspective porteuse d’espoir pour le monde du travail et la jeunesse. À condition toutefois de hisser son ambition à la hauteur d’un enjeu à tout point de vue historique.


Il y a longtemps que la LCR a fixé l’objectif de son dépassement. Il y a longtemps aussi que, dans la LCR, nous partageons avec des milliers de militants de gauche et d’acteurs du mouvement social la volonté d’agir dans la perspective d’un grand parti pour le socialisme qui rassemblerait toutes celles et tous ceux, courants politiques autant qu’individus, qui n’abdiquent pas devant l’ordre existant, qui veulent refonder une perspective d’émancipation pour le monde du travail. Un tel parti, par sa surface militante, son implantation sociale, la synthèse qu’il favoriserait du meilleur des traditions du mouvement ouvrier, serait à même de changer la donne politique, de briser l’hégémonie dont jouit le Parti socialiste sur la gauche. Pour qu’un semblable parti puisse voir le jour, nous savons qu’il faudra surmonter le poids des défaites du passé, du désarroi que celles-ci ont engendré, des divisions qui opposent entre elles les diverses composantes de la gauche de transformation sociale et écologiste. Pour lever pas à pas ces obstacles, il faudra en passer par un front politique et social qui tout en respectant les histoires et les convictions des uns et des autres permettra l’élaboration et l’action commune.


Pour autant, il n’était pas question d’attendre sans engager un premier pas dans la voie du rassemblement de toutes celles et tous ceux qui y sont actuellement prêts. C’est dans cette mesure que la proposition de la LCR de construire, dès maintenant, avec celles et ceux qui le souhaitent un « nouveau parti anticapitaliste » rencontre un réel écho et peut être un point d’appui d’importance. À la condition que le NPA ne soit pas une fin en soi, qu’il représente une étape vers la réorganisation indispensable de l’ensemble de la gauche et du mouvement ouvrier. Un premier regroupement pluraliste, permettant de faire progresser l’objectif du grand parti pour le socialisme qui s’avère si nécessaire. Un point de départ et non un point d’arrivée.


Si l’objectif est de parvenir, à terme, à ce grand parti pour le socialisme rassemblant toutes les sensibilités antilibérales et anticapitalistes alors le processus menant à la proclamation du « NPA » ne peut se restreindre autour d’ une seule formation politique nationale. Il doit dès maintenant regrouper au-delà des seuls militants et militantes attachés à « la transformation révolutionnaire de la société ». L’enjeu est majeur : si le « nouveau parti anticapitaliste » veut réunir les conditions d’une puissante force à gauche dans le futur, il doit dès à présent délivrer un message de diversité politique, s’affirmer disponible à la présence en son sein du plus large éventail possible des traditions et des cultures qui tendent à l’affirmation d’une alternative. Il lui faut donc s’adresser résolument à l’ensemble des forces, courants, militants susceptibles de partager l’idée qu’un pas en avant est d’ores et déjà indispensable et possible.


Nous sommes confrontés à des défis nouveaux. La victoire de Nicolas Sarkozy a installé au pouvoir une droite ressoudée autour d’un projet d’adaptation brutale du pays aux exigences d’un capitalisme entré dans un nouvel âge de son développement. Cette droite s’efforce d’infliger au monde du travail une défaite majeure. Elle s’ emploie à présidentialiser un peu plus le régime et à opérer un tournant atlantiste qui voit la diplomatie française s’aligner sur les volontés de l’administration américaine. Elle mène une offensive idéologique permanente, une véritable « bataille des idées » pour imposer l’hégémonie du libéralisme, étouffer les résistances qui ont émergé depuis novembre-décembre 1995.


Ces attaques brutales se heurtent à la résistance des salariés, de la population, de la jeunesse. Sarkozy l’avait emporté face à une gauche n’incarnant pas une alternative de changement. La société française ne s’était cependant pas convertie aux préceptes du néolibéralisme. Si les luttes n’ont pu encore faire reculer gouvernement et patronat, Sarkozy voit s’affaiblir sa légitimité. Les scrutins municipaux ou cantonaux de mars 2008 lui ont infligé une sanction sans appel, et les mobilisations qui se sont depuis développées, dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, parmi les travailleurs sans papiers, contribuent à déstabiliser un peu plus son pouvoir.


L’instabilité de la situation française fait écho aux contradictions qui assaillent un capitalisme mondialisé. Crises financière, sociale, alimentaire, énergétique, écologique s’enchevêtrent et frappent toutes les zones de la planète. Ce à quoi tente de répondre l’offensive néoconservatrice qui se déploie, à partir des Etats-Unis, et se traduit tout à la fois par des interventions impérialistes armées (Irak, Afghanistan, demain peut-être Iran...) et par la volonté de démanteler les résistances du mouvement social et altermondialiste.


Cependant, la droite à l’initiative ne pourra être contenue et défaite que si s’oppose à elle une gauche « décomplexée », porteuse d’une réponse alternative globale. Faute de quoi, les défaites accumulées des dernières années viendront faire le lit de postures démagogiques tendant à faire croire aux exploités et aux exclus que le marché et ses valeurs, l’idéologie du mérite et de la compétition, sont une réponse à leurs problèmes. Le retour en Europe, par exemple en Italie, de droites profitant - au moins partiellement - du désarroi populaire atteste des dangers du moment.


1- Battre le sarkozysme et le libéralisme, c’est possible !


Dans ce contexte, la première urgence est de faire converger les conflits engagés avec le pouvoir et le Medef. L’objectif d’un « tous ensemble » doit se construire à travers la défense de perspectives qui tendent à unifier les résistances, à contrecarrer les tentatives d’isoler chaque lutte dans une posture défensive. Sur chacun des dossiers où se noue la confrontation sociale, à partir de chaque secteur en butte aux attaques, au plan national autant qu’à l’échelon local, il convient de travailler à la construction de cadres unitaires les plus larges. Des cadres associant forces de gauche, organisations syndicales, associations, mouvements de jeunesse, structures démocratiques, féministes, altermondialistes, antiracistes, écologistes. Cela doit permettre de s’opposer à la logique du libéralisme sur l’ensemble des terrains, celui des retraites, de l’assurance-chômage, de la santé, du temps de travail, des sans-papiers, de la guerre… Le « nouveau parti anticapitaliste » se devra d’en être à l’initiative, chaque fois que nécessaire.


Le syndicalisme se voit aujourd’hui menacé par les logiques d’adaptation aux contre-réformes libérales. Les militantes et militants attachés à la transformation radicale de la société sont dès lors concernés par ce qui s’y passe, et ils ne peuvent réduire leur engagement à la construction d’un nouveau parti. Il leur appartient aussi de contribuer à faire des syndicats les premiers instruments de la résistance et de la contre-offensive sociales, d’une réorganisation générale et unitaire des forces du salariat, de la formation d’une conscience commune à la classe des travailleurs. Dans le respect scrupuleux de l’indépendance syndicale, car rien ne serait pire que de reproduire la subordination désastreuse du mouvement social aux stratégies de partis, il leur faut donc militer dans les organisations syndicales, aider à leur développement sur une base d’unité et de lutte de classe et favoriser la convergence des équipes et expériences syndicales les plus combatives, inquiètes de la politique des directions syndicales nationales.


2- Regrouper une gauche de gauche, c’est l’urgence !


Deux grandes logiques traversent la gauche. La première est exprimée par la direction du Parti socialiste. Celle-ci entend pousser les feux de la « modernisation » libérale de la gauche, dont elle s’emploie à satelliser autour d’elle les composantes essentielles. Elle se trouve engagée dans une mutation qui la mène - à l’instar des autres sociales-démocraties d’Europe - à n’être plus qu’un centre gauche à la Blair, à la Schröder ou à la Veltroni. Elle cherche sur sa droite le chemin de son retour au pouvoir. Elle ne s’oppose plus que sur la forme aux projets de Sarkozy. Faute de répondre aux attentes et revendications populaires, elle ouvre ce faisant la voie à une désintégration comparable à celle de l’Italie.


L’autre logique est celle de l’affirmation d’une gauche de résistance qui se tourne vers les classes populaires et réponde à leurs aspirations, qui ne se dérobe pas à la rupture avec l’ordre établi parce qu’elle entend faire renaître l’espoir du changement social, qui prenne appui sur la redistribution radicale des richesses et la démocratie pour ouvrir un chemin à l’alternative au capitalisme libéral. C’est celle que nous défendons.


Savoir laquelle de ces deux orientations l’emportera est décisif. Mais aucune force ne peut, à elle seule, incarner un début d’alternative crédible au sarkozysme et au social-libéralisme. L’éparpillement, les logiques du repli identitaire ou de la concurrence les menacent toutes d’impuissance, voire, pour certaines, de ralliement au Parti socialiste. C’est la raison pour laquelle le rassemblement de toutes les énergies anticapitalistes et antilibérales se révèle déterminant.


Concrètement, l’émergence d’une véritable alternative à la droite sarkozyenne et au social-libéralisme passe par la construction de fronts politiques unitaires cherchant à rassembler les différentes composantes de la gauche de transformation : PCF, courants de la gauche du PS et des Verts, collectifs antilibéraux etc, ainsi que les dizaines de milliers de milliers de militants syndicalistes ou associatifs à la recherche d’une alternative politique.


3- Clarifier la démarche stratégique, c’est indispensable !


Dans ce mouvement de reconstruction unitaire, le débat sur les conditions d’une majorité et d’un gouvernement de rupture est évidemment fondamental. Chacun connaît les raisons des défaites et de la désorientation qu’a connues la gauche ces 25 dernières années, comme de sa crise présente : la domination d’un PS poussant toujours plus loin sa démarche d’adaptation au capitalisme libéral. Les forces qui, à l’instar du Parti communiste ou des Verts, ont choisi de s’allier à lui dans ces conditions, en prétendant qu’elles parviendraient ainsi à infléchir à gauche sa politique, n’ont cessé d’échouer. Elles en subissent même, jusqu’à ce jour, les conséquences destructrices.


Il s’impose d’ouvrir une nouvelle voie au combat pour la transformation sociale. Celle-ci suppose de faire le pari résolu de l’indépendance envers le Parti socialiste et l’orientation qui le domine. D’affirmer, en conséquence, une proposition de nature à faire bouger les lignes au sein de la gauche, à y bouleverser les rapports de force, à mettre un terme à l’hégémonie dont y dispose le social-libéralisme.


Des coalitions gouvernementales ou parlementaires, sous la domination d’un PS qui a renoncé à défendre une alternative au libéralisme conduiraient immanquablement à des catastrophes similaires à celles du passé. En prendre acte ne peut, cela dit, s’apparenter à une indifférence envers les débats traversant le reste de la gauche, voire à une posture qui, sous prétexte de « saine méfiance libertaire » envers les dérives institutionnelles passées, ne répondrait pas à la question centrale du pouvoir. Cela laisserait les dirigeants du PS renvoyer la gauche de gauche à la pure incantation - ou à la protestation, comme ils aiment à le dire - pour conserver le monopole d’une posture « responsable ». Le « nouveau parti anticapitaliste » devra donc ouvrir la discussion publique sur les termes du problème : ou l’on gouverne aux conditions du libéralisme et du capitalisme ; ou l’on gouverne à gauche, en s’appuyant sur les aspirations des salariés et en prenant une série de décisions rompant avec la logique libérale.


Une gauche de transformation sociale et écologiste se doit donc d’affirmer qu’elle soutiendrait un gouvernement s’engageant dans la voie d’une semblable rupture radicale, mais que, à l’inverse, elle s’opposerait à un gouvernement, autant qu’à une majorité parlementaire, qui tourneraient une fois de plus le dos aux intérêts des travailleurs et de la jeunesse.


4- Un grand parti pour le socialisme, c’est l’objectif !


À terme, la question est posée d’une nouvelle représentation politique pour le monde du travail. Cette dernière ne saurait toutefois procéder de la volonté ou des décisions d’une seule organisation. Elle émergera nécessairement à la faveur d’une redistribution générale des cartes à gauche. Elle devra sortir de la convergence de courants politiques héritiers d’une série de traditions du mouvement ouvrier organisé, de secteurs porteurs de l’expérience du mouvement social, de militantes et militants issus des nouvelles générations, de forces actives sur les nouveaux terrains de mobilisation. Elle résultera de débats de fond, de la vérification concrète des accords existants entre ces diverses réalités.


Ce grand parti indispensable devra s’identifier par sa contestation conséquente du capitalisme libéral. Il aura à tirer les leçons de la double faillite des régimes bureaucratiques de l’Est européen et de la social-démocratie. Il combattra les logiques d’accompagnement sociales-libérales. Il se trouvera fondé sur l’indépendance de classe, illustrera sa vision du changement social par un ancrage sans cesse renouvelé dans les mobilisations populaires, refusera de subordonner sa politique aux contraintes de la participation aux institutions. Il sera résolument internationaliste car, moins que jamais, face à la mondialisation du capital, une transformation radicale n’est possible dans le seul cadre des nations. Il fonctionnera de manière transparente et démocratique, garantissant le pluralisme des opinions et courants en son sein.


Un tel parti aura pour mission fondamentale d’œuvrer à la renaissance d’une perspective socialiste pour le siècle qui s’ouvre. Un socialisme qui remette à l’ordre du jour l’appropriation sociale des grands moyens de production et qui fasse en sorte que le travail cesse d’être une marchandise. Qui pousse la démocratie jusqu’au bout et organise le transfert massif des pouvoirs vers l’autogestion, et non plus simplement vers l’État Qui libère les aspirations à l’autonomie des individus, intègre les apports du féminisme dans une lutte résolue contre la division sexuée du travail, récuse le productivisme dont l’humanité a pu mesurer les dégâts.


Révolutionnaires, nous restons convaincus que le capitalisme ne peut être dépassé graduellement. Mais nous considérons que cela n’interdit en rien de faire l’expérience loyale d’une formation politique avec d’autres courants, dès lors qu’existerait une vision commune des enjeux du moment et des tâches qui en découlent.


C’est dans cette mesure que le rassemblement unitaire d’une gauche de gauche, la reconstruction d’une gauche de combat, un front politique et social constitué au départ sur une série d’objectifs communs dans le but d’affirmer une gauche de gauche, un rassemblement de forces et de militants voulant agir ensemble dans les luttes et les élections doivent permettre de faire mûrir la perspective de ce grand parti pour le socialisme.


5- Le NPA doit être un levier pour y parvenir !


Le « NPA » doit permettre de franchir un premier pas. Il devrait donc être pensé comme un point de départ, et non un point d’arrivée. Une étape vers la réorganisation indispensable de la gauche et du mouvement ouvrier. Un moyen de faire bouger les lignes au sein de ces derniers et d’ouvrir le débat sur l’avenir. Une construction permettant de faire progresser l’objectif du grand parti pour le socialisme qui transformera durablement les rapports de force à gauche. Le « nouveau parti anticapitaliste » doit donc faire, dès maintenant, de son fonctionnement démocratique, du respect des courants d’opinion en son sein, de son pluralisme revendiqué une force mobilisatrice.


Le NPA ne peut se réduire à une proposition par laquelle la LCR s’efforcerait simplement de rassembler autour d’elle pour élargir son audience. Il ne peut donc résulter de la simple rencontre entre la LCR et ceux qui, « en bas », aspirent à « se représenter eux-mêmes ».


En d’autres termes, le « nouveau parti anticapitaliste » doit s’affirmer comme une organisation qui dès le départ veut rassembler au-delà des seuls « révolutionnaires ». Pour faire partager ce projet au plus grand nombre, les comités d’initiative doivent s’adresser à toutes les organisations et à tous les courants politiques, nationaux ou locaux, prêts à s’engager avec eux dans cette direction. Simultanément, il leur appartient d’en appeler à toutes celles et tous ceux, militants du mouvement social, ex-organisés ou inorganisés, jeunes ou militants agissant contre toutes les discriminations, hommes et femmes soucieux de réveiller l’espoir d’un changement de société.


6. Le processus autour du NPA doit accroître sa force d’attraction


Le processus engagé doit désormais, dans les mois qui précèdent le premier congrès du NPA, confirmer l’attente de nombreux militants qui y sont impliqués et qui veulent vérifier qu’il ne sera pas seulement une LCR élargie. Il doit réellement s’affirmer comme une construction pluraliste permettant dès à présent à toutes les traditions ou militants qui le souhaiteraient de s’y associer, à égalité de droits et de devoir avec le courant que représente la LCR. Pour avancer dans cette voie dans les mois qui viennent, il peut :


-Créer un processus dynamique dans l’élaboration de son programme, en s’adressant à l’ensemble des organisations, collectifs, syndicats, réseaux militants, qui élaborent à partir de leur expérience de lutte sur tel ou tel terrain des revendications et solutions qu’il faut écouter afin de les intégrer à un nouveau programme anticapitaliste. Autant le mouvement social doit rester indépendant de tout parti politique, autant une nouvelle construction politique doit s’enrichir de l’élaboration des acteurs du mouvement social tout en traduisant ces aspirations sur le terrain des solutions politiques. Ce serait un processus plus riche qu’une élaboration fermée autour du courant LCR et des petits courants d’organisations révolutionnaires.


- Rendre visibles les premiers éléments de pluralisme déjà présents dans les collectifs NPA. S’il n’y a pas pour le moment d’autres courants nationaux autres que la LCR engagés dans le processus, il y a dans plusieurs collectifs des groupes locaux de militants, ou des militants connus pour leurs engagements à gauche, qui sont issus de tradition et de culture politique différente de celle de la LCR. Leur donner une place plus importante dans l’expression du processus permettra d’accentuer la force d’attraction du rassemblement en cours.


- Être à l’initiative d’un rassemblement lors des élections européennes de juin 2009. Premier scrutin européen depuis le non de gauche en France, il doit être mis à profit afin d’affirmer une alternative de rupture avec l’ordre libéral. La construction européenne se révèle plus que jamais la pierre de touche de l’affrontement entre classes possédantes et classes populaires. Au sortir de la présidence française de l’Union européenne, et après deux ans de confrontation avec le sarkozysme, il s’agira de sanctionner avec la force maximale la droite aux affaires et d’affaiblir sa légitimité et son assise dans le pays. Face à un PS au sein duquel les tenants du « non » de gauche de 2005 ne sont plus en situation de peser, face à un Parti communiste qui voit son déclin s’accentuer et lui poser la question vitale de sa surface électorale comme de son devenir ou de son indépendance vis-à-vis du social-libéralisme, face à l’opération par laquelle Cohn-Bendit va s’efforcer d’effacer les traces du 29 Mai en ralliant à José Bové, il n’en est que plus décisif de peser sur les contradictions et les décantations que ce contexte va inévitablement engendrer. Pour conjurer la dilapidation définitive des acquis du débat européen de 2005, le NPA, tout en consolidant son processus de construction, devrait en même temps proposer que se constituent, en vue de l’échéance de juin 2009, des listes unitaires regroupant l’ensemble des autres organisations, courants et militants restés fidèles aux engagements de la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen.


- Soumettre dès cette rentrée à la plus ample discussion les mesures clés d’une politique de rupture sociale, démocratique, écologique, internationaliste et pacifiste avec le capitalisme libéral : salaires, emploi, services publics, retraites et protection sociale, redistribution des richesses, développement soutenable, rupture avec l’hyperprésidence sarkozyenne et la V° République, exigence d’une autre Europe… Sur la base de ces mesures d’urgence, le NPA devrait s’adresser et s’efforcer de nouer un partenariat ave c les forces, courants, militants, appels ou collectifs qui partagent la conviction qu’une alternative de rupture représente l’urgence des urgences si l’on veut donner un débouché politique à la colère et à l’attente sociales, en leur proposant de mener des campagnes communes permettant à une gauche de combat de peser réellement sur la situation.


7) La réussite du projet suppose l’accord de l’ensemble des militants de la LCR pour s’y engager et pour dissoudre la LCR à son congrès.


Dans la perspective de la fondation du NPA et de la dissolution de la LCR, il est essentiel de distinguer les décisions qui relèveront du seul NPA, et celles qui relèveront des seuls militants de la LCR qui devront être prises dans le cadre d’un congrès sérieux et pleinement souverain.


Il est du ressort du NPA et de ses comités d’élaborer programme, statuts, système de presse, nom du parti, finances et appareil, formation. Les militants de la LCR participeront à égalité avec les autres militants des comités à ces débats, en évitant les tentations éventuelles d’accélérer le processus sans respecter les rythmes que les comités NPA sont prêts à assumer. En évitant aussi de projeter ou de cloner leurs structures internes et leurs habitudes de fonctionnement, sans chercher à construire de nouvelles structures collectives du nouveau parti. La nature du processus sera inévitablement marquée du caractère provisoire de certaines décisions, et tout ne sera pas réglé au congrès de début janvier 2009, ce congrès devra sans doute se prolonger dans les mois suivants.


Mais c’est congrès de la LCR de prendre les décisions qui sont du ressort des seuls militants de la LCR : le jugement sur le processus en cours, pour aboutir à la constatation qu’est réalisé le minimum requis pour qu’un autre parti remplace le cadre que la LCR nous a fourni jusqu’à présent (par exemple des statuts et pas seulement un vague règlement intérieur, un programme permettant d’agir et de réagir aux évènements essentiels, pas une simple résolution de conjoncture, même si les deux devront pouvoir encore être perfectionnés après le congrès de janvier). Mais il est aussi du ressort des militants de la LCR et de son congrès de trouver la solution pour garder leurs liens avec la 4° internationale sans presser ou imposer au nouveau parti de devenir la section de la 4° internationale, de trouver la solution pour que le patrimoine accumulé par la LCR ne soit pas dilapidé, mais mis au service du nouveau parti. Beaucoup de militants sont encore dubitatifs sur leur participation ou leur implication dans le NPA, quelles qu’aient été par ailleurs leurs tendances ou sensibilités dans le congrès précédent. La réussite du processus doit se faire avec tous et toutes. Nous avons besoin de tout le monde. Autant la LCR doit veiller au pluralisme dans le NPA et donner des garanties aux autres groupes ou courants qui y sont présents ou qui le rejoindront plus tard, autant les militants de la LCR ne doivent pas se sentir dépossédés d’une identité politique qui a, pour beaucoup d’entre eux, structuré leur vie militante. Pour que tous mettent leur expérience au service de la nouvelle construction politique, il faut que chacun soit convaincu que le nouveau cadre dépassera positivement la LCR et créera un nouveau cadre militant dans lequel on peut mettre sa confiance et ses combats.


Pour qu’une conviction partagée l’emporte, il ne faut pas un congrès de la LCR qui se fasse au rabais, comme une formalité, soit-disant parce que le dernier congrès a voté le principe de la dissolution de la LCR et qu’il suffirait de l’entériner, en une journée à la veille du congrès du NPA. Il faut un vrai congrès de la LCR, séparé du congrès du NPA, de vraies AG, nombreuses, pour que tout soit dit et discuté, qu’un travail collectif soit engagé par toute la direction de la LCR qui aboutisse à une résolution précisant les conditions et les garanties nécessaires afin que la dissolution de la LCR soit votée le plus largement possible.

Publié dans divers

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