Rentrée syndicale...

Publié le par LCR 06 OUEST

 

Le besoin d’une perspective globale !


Alors que le gouvernement et le Medef assènent leurs mauvais coups, les états-majors syndicaux restent l’arme au pied, se faisant même complices de l’offensive en cours à travers le « dialogue social ».


Des journées d’action sans appel à la grève dans l’Éducation nationale, le 11 septembre puis le dimanche 19 octobre, un 7 octobre interprofessionnel, à l’occasion de la « journée mondiale sur le travail décent », sans revendications ni d’appel clair à la grève… Tout se passe en cette rentrée comme si les directions syndicales avaient renoncé à une quelconque mobilisation face à une offensive patronale et gouvernementale qui détruit méthodiquement tous les droits sociaux que les luttes du passé avaient pu imposer.


Les états-majors syndicaux sont plus que jamais engagés dans le « dialogue social », après la signature, à la fin du printemps, des accords de représentativité, aussi bien dans le privé que dans le public. Et si Bernard Thibault, dans une interview au Monde, dit que « discuter avec le président de la République ou avec ses ministres ne change pas grand-chose », il n’entend pas pour autant cesser ce dialogue de dupes avec le Medef, ni avec le gouvernement, et annonce que « la CGT propose aux autres confédérations de se réunir rapidement pour discuter des revendications et des négociations à venir… » Alors que la vie chère devient insupportable, le leader de la CGT donne comme seule réponse au journaliste qui l’interviewe sur le pouvoir d’achat : « Il faut que la hausse du Smic ait des conséquences immédiates sur les salaires des branches et, au final, dans les entreprises. Et il faut aller vite sur le chèque transport. »


Quant à Chérèque, pour la CFDT, il exprimait, fin août, dans le Journal du dimanche, son inquiétude face à l’augmentation des « conflits dans les entreprises ». « Il est donc urgent que le patronat ouvre des espaces de dialogue », concluait-il.


Quoi d’étonnant que le ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, fanfaronne en mettant en avant une rentrée qui, malgré les 11 200 suppressions de postes cette année et les 13 500 prévues pour l’an prochain, « ne sera pas l’apocalypse annoncée par les amateurs de défilés ». « Je reste en dialogue constant avec les syndicats et le climat n’est pas tendu », explique-t-il. Ce qui est vrai puisque récemment, le Snes s’est même félicité d’une « signature offensive » du relevé de conclusions sur la « réforme » des lycées contre laquelle manifestaient, l’an dernier, lycéens et professeurs.


Le mécontentement est perceptible partout et, dans de nombreux secteurs, des salariés, des militants cherchent les moyens d’organiser une lutte sérieuse, dont ils savent bien qu’elle ne pourra être efficace que si elle débouche sur un mouvement d’ensemble des travailleurs et de la jeunesse.


Mais que faire, face à l’inaction, la complicité même, des directions syndicales ? Celles-ci s’appuient sur l’échec – programmé par elles-mêmes – des dernières journées d’action du 10 et du 17 juin, sur la lassitude de ces grèves sans lendemains « qui ne font que faire perdre du salaire » sans inquiéter en quoi que ce soit le gouvernement, pour remiser peu à peu l’idée de la grève elle-même, alors que c’est la seule arme véritable des salariés.


Oui, il y a une bataille à mener, en premier lieu à l’intérieur des organisations syndicales, quelles qu’elles soient, contre cette politique de « dialogue social » qui démoralise les militants, pour dénoncer les réformes en cours, pour des revendications qui correspondent aux besoins de la population. Il s’agit de regrouper tous les militants qui se rendent compte aujourd’hui des conséquences néfastes de cette politique pour préparer les conditions d’une riposte sérieuse, faire vivre la démocratie dans des organisations qui devraient être au service des salariés et de la population, travailler à l’unité nécessaire à la lutte.


Galia Trépère.


 

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