Education Nationale, halte aux provocations...

Publié le par LCR 06 OUEST

Alors que les attaques du ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, se multiplient, à propos de la scolarisation des tout-petits ou encore des médailles à décerner aux bacheliers, la riposte peine à s’organiser.


Xavier Darcos s’attaque à un record vieux de plus de dix ans, celui de la provocation pour un ministre de l’Éducation, record détenu par l’ineffable Claude Allègre. Il vient de marquer des points dans sa tentative, en s’attaquant de manière scandaleuse aux maternelles. Selon le ministre, il serait stupide de payer des instits à bac+5 pour « changer les couches ». Il fait ainsi montre d’un mépris inadmissible pour celles et ceux qui enseignent aux jeunes enfants, ainsi que d’une (feinte ?) ignorance : ne sont admis en maternelle que les petits qui sont propres et que l’on n’a donc pas à changer.


Derrière cette attaque grossière, qui porte notamment sur la scolarisation des 2-3 ans, de moins en moins assurée, se profilent bien évidemment de nouvelles et substantielles économies. Sur le dos des personnels, comme d’habitude, mais aussi des élèves et des parents. Tous ceux qui ont travaillé sérieusement sur cette question valorisent l’accueil précoce à l’école pour la réussite scolaire. Par ailleurs, sur le plan social, l’accès en maternelle réduit les dépenses de garde (crèche) et peut permettre à un parent (la femme, le plus souvent) de reprendre une activité professionnelle. On voit là un nouvel aspect du désengagement de l’État : il s’agit de faire payer aux parents, le plus longtemps possible, la garde des enfants.


Mais le ministre ne s’arrête pas là. Il vient d’avoir une idée géniale : offrir aux bacheliers des médailles, de métal différent selon les mentions ! C’est, selon lui, un moyen de faire travailler davantage les élèves. Au-delà du ridicule, dénoncé par les organisations enseignantes comme lycéennes, on sent dans cette proposition un clin d’œil, un de plus, aux courants les plus réactionnaires de la société française, désireux de revenir à l’école d’antan, pourquoi pas aux blouses pour les filles et à la non-mixité ? Tout cela, alors qu’il supprime 25 000 postes en deux ans ! Enfin, sur la contre-réforme du lycée, Darcos annonce ses propositions en même temps que ses décisions, réduisant à néant toute « concertation ». La CGT a d’ailleurs décidé de ne plus participer à ces discussions bidons. Qu’attend le Snes pour faire de même ?


Il est grand temps de mettre fin à ces provocations, de montrer au ministre le mécontentement des personnels, des élèves et des parents. Mais, depuis la rentrée, l’immobilisme syndical stupéfie. Le 7 octobre, journée internationale d’action, préparée de façon très inégale, avec peu d’arrêts de travail, peut être l’occasion d’une première (et déjà tardive) réaction. Le Snes appelle à la grève (ainsi que la CGT-Éduc) : c’est bien, mais la FSU ne le fait pas. On aura donc les professeurs dans l’action, mais pas les instits, pourtant durement attaqués, que ce soit sur les maternelles ou le service minimum en cas de grève (sur lequel il y a eu bien peu de réactions). Il est encore temps que les personnels s’expriment afin de déclencher une première riposte de l’ensemble de l’Éducation nationale.



Robert Noirel.



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