"Affaire Rouillan : Besancenot contre-attaque"...

Publié le par LCR 06 OUEST


 

PARIS, 3 oct 2008 (AFP)

Olivier Besancenot a contre-attaqué vendredi sur l’affaire Jean-Marc Rouillan, accusant la droite de vouloir "criminaliser" le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qu’il va lancer en janvier et réclamant la libération du fondateur d’Action directe, membre à Marseille d’un comité NPA.
"Jean-Marc Rouillan est incarcéré de nouveau, ce qui est absolument révoltant, puisqu’il a purgé sa peine", a affirmé à l’AFP le porte-parole de la LCR.
Le jeune postier a appelé à une "mobilisation unitaire" contre ce qui s’apparente, selon lui, à une "double peine" contre Rouillan qui a vu sa semi-liberté suspendue suite à de propos à L’Express où il laisse entendre qu’il n’éprouve pas de regret pour l’assassinat en 1986 du PDG de Renault.
M. Rouillan avait approché la LCR en juin et s’était inscrit dans un comité local - structure décentralisée intégrant des militants de la LCR et venus d’autres horizons pour préparer le lancement du Nouveau parti anticapitaliste.
"Il est membre d’un comité local a Marseille", a souligne M. Besancenot, "il le restera", souligne une porte-parole de ce comité.
"A partir du moment où Jean-Marc Rouillan était clair sur le fait qu’il renonçait aux actions du passé, il avait sa place dans le NPA", précise M. Besancenot.
Il souligne que Rouillan, dans ses entretiens à la presse, affirme qu’"il n’incite pas à la violence".
Olivier Besancenot dénonce "une campagne politique qui tente de criminaliser le NPA", mais "je persiste et je signe : quelqu’un qui a purgé sa peine a droit à une réinsertion et un engagement militant".
Le jeune postier rappelle toutefois ses "désaccords politiques" avec M. Rouillan sur "la conception qu’il a de la lutte armée" et "sur l’opportunité de la faire".
"La LCR a toujours dénoncé les méthodes de l’Action directe", et "le NPA ne se bat pas pour la lutte armée".
De son côté, Alain Krivine, fondateur de la LCR, rappelle à l’AFP que l’organisation trotskiste "avait totalement condamné l’assassinat de Georges Besse", un "acte terroriste". "La ligne du NPA et celle d’Action directe sont contradictoires".
"Quant à ce que Rouillan dit aujourd’hui, c’est confus et demanderait discussion", souligne M. Krivine.
"Pour le moment, rappelle-t-il, le NPA n’a ni programme, ni statuts" mais "une fois qu’il existera en janvier on demandera à Rouillan d’être d’accord avec l’orientation du NPA". "Alors, la balle est dans son camp", à lui de "décider s’il veut tourner la page".
M. Krivine dénonce aussi une campagne contre son parti : "il y a une crise fantastique et le NPA et Olivier ont le vent en poupe.
C’est le moment où l’on ressort l’affaire Rouillan", qui "ne représente que lui-même et n’est pas un courant politique".
Mais pour Christian Picquet, chef de file d’une tendance minoritaire à la LCR, le parti devrait tout de suite "dire de façon claire, nette et précise que Rouillan n’a rien à faire dans le NPA".
"C’est la seule manière d’en terminer avec cette polémique qui cherche à nous nuire en nous assimilant à un groupe terroriste", dit-il.


Par Elahe MEREL.

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