Tous antilibéraux ?

Publié le par LCR 06 OUEST

SI elle n’avait pas des conséquences dramatiques pour des millions de gens modestes, la crise financière actuelle pourrait nous réjouir par les déclarations surprenantes qu’elle suscite de la part de personnages inattendus dans ce registre.
« Nous assistons aujourd’hui à une forme de hold-up démocratique, c’est-à-dire une tentative de dictature des marchés financiers pour imposer leur loi aux pouvoirs politiques. »
Hold-up, dictature, comme il y va ! Qui ça ?
Mais un anticapitaliste notoire : Étienne Mougeotte ! Et c’est dans Le Figaro.


« Banques : un casse à 1 700 milliards ».
Ça, c’est la « une » de Libération, après l’annonce des plans européens de recapitalisation des banques. Quant au Nouvel Observateur, il n’est pas en reste : « La crise est aussi leur défaite : mais où sont passés les libéraux ? »
Alors, les grands médias seraient-ils tous devenus antilibéraux ?
Il est vrai qu’après avoir chanté, pendant des décennies, la modernité du capitalisme, ils ont beaucoup à se faire pardonner…
Néanmoins, certains maintiennent le cap.
Ainsi, dans Le Point, Claude Imbert s’inquiète : « Craignons aujourd’hui que notre antilibéralisme impénitent ne trouve dans la crise un funeste regain ! Déjà, ses porte-voix s’efforcent d’imputer au système la panade nationale. Absurde ! Ce n’est pas la crise financière actuelle qui a défoncé la productivité française, entretenu un chômage record et enflé les déficits. C’est au contraire l’excès antilibéral de la providence d’État. »


Pourtant, comme l’attestent les dernières décisions des gouvernements, c’est surtout pour les banquiers que l’État est providentiel.
Mais, bien sûr, pour les défenseurs du système, si l’État doit payer, il ne doit pas s’incruster.
Ainsi, Christophe Barbier, dans l’Express : « Il s’agit en cette crise de réaliser des interventions, non des immixtions, encore moins des nationalisations. Oui au recours, non au retour. »
De même, Le Monde Économie nous présente son « analyse de la semaine » sous le titre : « Nationalisations à durée déterminée »…
Que d’innovations théoriques et de subtilités sémantiques !
Pour enrober une politique finalement assez simple : défendre jusqu’au bout les intérêts des possédants (riches), grâce aux impôts des salariés (modestes). 
 

François Duval.

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