Suicides de jeunes en prison...

Publié le par LCR 06 OUEST

Le suicide d’un adolescent de 16 ans à la prison de Metz et la tentative d’un autre jeune, aujourd’hui entre la vie et la mort, viennent dramatiquement confirmer la violence liée à l’univers carcéral.

Depuis le début de l’année, 86 suicides de mineurs et majeurs sont recensés.

Cela en dit long sur la déshumanisation qui règne dans les prisons françaises.
La politique de l’enfermement des mineurs qui ont commis des délits se poursuit avec l’ouverture, depuis deux ans, de sept établissements pénitentiaires pour mineurs.
Ces nouveaux établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM), prétendument mieux adaptés, n’ont pu éviter le suicide d’un autre jeune, il y a huit mois, à Meyzieu (Rhône), ainsi que de nombreux phénomènes de violence.
La politique de plus en plus répressive, menée par le gouvernement à l’égard des adolescents auteurs de délits, ne peut qu’augmenter les possibilités du recours à l’incarcération.
Expliquer le suicide survenu à Metz par l’existence d’un « jeu » entre les jeunes incarcérés est inacceptable.
Pour des adolescents en grande difficulté, la prise de risques, y compris celui de la mort, fait souvent partie de leur vie.
Elle vient colmater des souffrances non prises en compte, elle est souvent un appel adressé aux adultes.
L’enfermement de la prison ne peut qu’étouffer cet appel et il pousse les jeunes à prendre des risques extrêmes pour que leurs demandes soient entendues.
Si l’amélioration des conditions de détention est une absolue nécessité, elle ne peut en aucun cas masquer la question essentielle du recours à l’incarcération des mineurs.

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