En finir avec le capitalisme...

Publié le par LCR 06 OUEST

Alors que les chefs d’État et de gouvernement des principales places financières mondiales multiplient les réunions internationales pour faire croire qu’ils maîtrisent la situation et agissent contre la crise, le Bureau international du travail (BIT) a indiqué, le lundi 20 octobre, que le chômage pourrait toucher, d’ici à la fin de 2009, 20 millions de personnes supplémentaires dans le monde. Le nombre de ceux qui vivent avec moins de 1 dollar par jour pourrait augmenter, toujours selon les prévisions du BIT, de 40 millions, et ceux vivant avec moins de deux dollars par jour, de 100 millions. Et encore, ces chiffres ne seraient qu’un minimum !


Un minimum aussi, les 1 700 milliards d’euros que les États européens, emmenés par Sarkozy, Gordon Brown et Angela Merkel, se disent prêts à garantir, sur le dos des contribuables, pour « sauver » le système bancaire. « Il faut refonder le système, bâtir un nouveau capitalisme sur des valeurs qui mettent la finance au service des entreprises et des citoyens et non l’inverse », déclarait, sans rire, il y a quelques jours, Sarkozy, à qui la crise et les hasards de la présidence tournante de l’Union européenne offrent une occasion inespérée de se poser en moralisateur du capitalisme. Lui, le grand ami des Bolloré et autres Bouygues ! Mais ne vient-il pas de faire voter, à une écrasante majorité des députés et des sénateurs, un plan de 360 milliards d’euros pour les banques, jugé par tous les partis politiques représentés à l’Assemblée, à l’exception du PCF, « nécessaire » ? Nécessaire, mais « pas suffisant », a indiqué le premier secrétaire du PS, François Hollande, pour justifier l’abstention du groupe socialiste.


Car, au-delà de plates objections, le Parti socialiste n’a pas cru bon de rompre l’union sacrée en s’opposant au colossal détournement de fonds qui s’opère en faveur de la finance. Il accrédite, lui aussi, la fable d’une intervention salutaire des États quand ceux-là ne font que parachever leur fusion avec les prédateurs financiers qui parasitent l’ensemble de l’économie. Certes, les dirigeants des Caisses d’épargne, qui viennent de perdre 695 millions d’euros dans des spéculations hasardeuses, ont été contraints à la démission. C’était le moins que pouvait faire le gouvernement pour tenter d’étouffer le scandale. Mais un Daniel Bouton, président de la Société générale, la première banque française à avoir fait endosser à un de ses traders une perte de 4,5 milliards d’euros, reste, lui, à son poste, alors même qu’il a réalisé 1,3 million de plus-value, en pleine crise, en vendant une partie de ses stock-options. Les grands discours contre les « parachutes dorés » et les « paradis fiscaux » ne sont qu’un baratin destiné à anesthésier l’opinion publique.


À tenter de le faire du moins. Car les faits sont là. D’un côté, 360 milliards pour les banques, 26 milliards pour racheter 30 000 logements devenus invendables aux grandes sociétés de construction immobilière, 22 milliards pour les PME, en attendant d’autres milliards que réclament les constructeurs automobiles pour la « voiture verte ». De l’autre, les sanctions pour les chômeurs, les 30 000 suppressions de postes programmées dans la fonction publique, la fermeture des hôpitaux, la privatisation de La Poste, 1000 licenciements à Renault-Sandouville, 300 à Peugeot-Mulhouse, 600 chez Adecco, pour ne citer qu’une partie des derniers annoncés… Et, comble du cynisme, ce que le gouvernement présente comme un effort sans précédent qu’il « faudra faire en faisant des économies par ailleurs », a précisé Fillon, la création de 60 000 contrats aidés supplémentaires – 768 euros pour un CAE, par exemple –, qui coûtera seulement… 150 millions d’euros !


Oui, il y a urgence et nous avons pleine légitimité à nous organiser pour refuser de faire les frais de la crise et de leur politique, pour imposer nos propres exigences, la garantie d’un emploi par le partage du travail entre tous, un salaire qui permette de vivre décemment... Les moyens existent largement, les profits qui ont été extorqués par l’exploitation de notre travail sont colossaux, les capacités de produire sont là.


La bourgeoisie et son État s’arrogent le droit de piller les richesses créées par notre travail, mais les seuls titres dont ils peuvent se prévaloir pour le faire sont leurs titres de propriété, la propriété privée capitaliste. Les travailleurs, avec ou sans emploi, les jeunes, la population n’ont aucune raison de craindre de mettre en cause ce prétendu droit. Si l’on veut sauver l’économie, c’est-à-dire les capacités de produire ce dont les Hommes ont besoin, il ne faut pas craindre d’imposer le contrôle sur les moyens de crédit, les banques, d’opérer une purge radicale, l’expropriation des gros actionnaires, du capital financier spéculateur.


Au-delà, c’est la question du pouvoir qui est posée, de qui contrôle le fonctionnement de la société : une poignée de parasites dont le seul critère est la rentabilité de leurs capitaux, ou les travailleurs et la population organisés démocratiquement en vue d’assurer la satisfaction des besoins de tous ?


Galia Trépère.

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