Union Européenne... à deux vitesses.

Publié le par LCR 06 OUEST

L’agitation des dirigeants de l’Union européenne, et notamment de Sarkozy, semble bien impuissante à enrayer la crise. Cependant, elle pourrait bien entériner des évolutions inscrites au moins depuis le « non » irlandais au traité de Lisbonne.


Pour l’heure, le Parlement européen soutient la proposition de Sarkozy de faire en sorte que l’Eurogroupe, instance informelle réunissant les ministres des Finances depuis 1999, devienne un véritable gouvernement économique européen. Accord toujours sur le fait que, pour ce faire, il faudrait qu’il réunisse non les ministres des Finances, mais les chefs d’État et de gouvernement. Là où les choses se compliquent, c’est lorsque Sarkozy explique qu’il pourrait assurer la présidence de l’Eurogroupe jusqu’en 2010.


Cela signifie écarter l’actuel président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg. Cela signifie surtout vider de sa substance la présidence tchèque, qui devait succéder à la présidence française. Dans un contexte de crise qui avive encore les tensions entre les États de l’Union européenne, alors que le plan scandaleux et massif de soutien aux banques, présenté comme européen, est en réalité composé de plans nationaux avec des objectifs différents, ce type de comportement à la hussarde fait grincer beaucoup de dents, notamment à Berlin et à Prague.


S’ajoutent à cela les inquiétudes de Bruxelles sur sa capacité à faire respecter le Pacte de stabilité, notamment par la France. Mais il ne s’agit pas seulement de tensions entre les principales puissances de l’Union. Il s’agit aussi d’institutionnaliser un fonctionnement à quinze au sein de l’Eurogroupe, ce qui revient à mettre en place une Europe à deux vitesses, entre le groupe des puissants qui se réunissent pour décider et les autres. La crise dévoile non seulement la faillite de l’ensemble du système, mais aussi celle des institutions européennes antidémocratiques qui sont à son service.


Ingrid Hayes.

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