Etat espagnol...

Publié le par LCR 06 OUEST

En défense de l’enseignement public :
l’éducation n’est pas une marchandise !

 

Par Espacio Alternativo


La jeunesse étudiante a manifesté dans plus de 70 villes de tout l’Etat espagnol ce jeudi 13 novembre dernier. A Madrid, Barcelone, Seville, Navarre, Malaga, Valence, Burgos, Grenade, Logroño, Vigo, Valladolid et un long etcétera, des centaines de milliers de jeunes ont exigé l’arrêt du Traité de Bologne qui implique une privatisation de l’enseignement public.


A Madrid, plus de 50.000 étudiant/es sont descendus dans la rue sous le mot d’ordre « En défense de l’enseignement public. Aux capitalistes de payer la crise ». A Barcelone, ils étaient plus de 80.000, étudiant/es et professeurs, à protester à la fois contre Bologne et contre la Loi de l’Education de la région autonome de Catalogne sous le slogan « L’école publique n’est pas à vendre ».


A Séville, où plus de 60% des lycéen/nes ont soutenus la grève étudiante, plus de 5.000 les jeunes se sont rassemblés devant l’Université aux cris de « Queremos becas, no hipotecas » (« Nous voulons des bourses, pas des hypothèques ») et des slogans dirigés à la fois contre le PSOE et le PP. A Grenade ils étaient plus de 3.000 ; à Valence 5.000 ; à Malaga, 1.000 ; à Burgos, 4.500...


Ces manifestations du 13 novembre contre le processus de Bologne sont le résultat d’un appel issu de la première Rencontre fédérale des étudiants réalisée le 26 avril dernier à Séville. Il s’agit de la première coordination d’un mouvement étudiant d’ensemble à l’échelle de l’Etat espagnol depuis les grandes mobilisation contre la réforme de la Loi organique sur les universités (LOU) appliquée par le PP en 2001.


La journée d’actions du 13 novembre a en outre été précédée par de fortes mobilisations locales tout au long de l’année 2007-2008 et qui ont culminé avec des grèves massivement suivies dans les universités de Barcelone, Séville et Madrid le 6 mars dernier. A Madrid, entre les mois d’avril et mai, une intense activité a été menée dans les Universités publiques de la capitale, avec des conférences publiques et des assemblées d’information sur le processus de Bologne et une première manifestation rassemblait déjà 15.000 étudiant/es en mai. Sous l’impulsion de cette mobilisation, les universités du Pays Basque, de Galice, de Murcie, de Valladolid, de Burgos, de Salamanque et de Valence se sont jointes au mouvement pendant le printemps tandis que celles d’Andalousie, avec les universités de Cadiz, Malaga et Grenade, se sont ajoutées au cours de la rentrée académique.


Grâce à ces luttes préparatoires et à cette coordination fédérale, les mobilisations du 13 novembre ont été un plein succès qui démontre qu’un processus de structuration et de maturité politique du mouvement de la jeunesse étudiante est à l’oeuvre. Ce mouvement s’oppose aux réformes récentes qui, sous prétexte d’adapter l’enseignement aux impératifs du marché de l’emploi capitaliste et aux désirs des entreprises, davalorise continuellement la qualité et le contenu de l’éducation. Il est également le fruit des conséquences de plus en plus palpables du processus de Bologne dans l’enseignement : un processus obscur, anti-démocratique, réalisé sur le dos de la communauté universitaire et dont l’objectif final est la marchandisation de l’éducation au profit des entreprises privées, en commençant par la privatisation d’une partie de sa gestion, par la volonté de lier étroitement la recherche universitaire avec le secteur privé, etc.


Ce mouvement marque également la désillusion face aux promesses non tenues du gouvernement social-libéral de Zapatero, qui avait annoncé le retrait de la LOU. Non seulement il ne l’a pas fait, mais il a transféré les universités des mains du Ministère de l’Education à un nouveau ministère, celui de la Science et de l’Innovation, dont le Ministre, Garmendia, provient directement de la Confédération espagnole des organisations patronales, marquant ainsi nettement la volonté de lier étroitement l’enseignement à l’entreprise pour le seul bénéfice de cette dernière.


Le mouvement étudiant actuel a plusieurs défis devant lui : renforcer et améliorer sa coordination à l’échelle de l’Etat ; parvenir à un discours commun face à Bologne ; relancer de nouvelles mobilisations massives avec grèves et occupations des universités afin de permettre un maximum d’unité d’action ; nouer et renforcer les alliances et les coalitions avec d’autres secteurs dans les universités, les écoles supérieures et secondaires ainsi que dans la société et particulièrement parmi les salarié/es.


D’après une série d’articles publiés sur le site de nos camarades d’Espacio Alternativo...


http://www.espacioalternativo.org/

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