NPA, la 2ème réunion nationale des comités....

Publié le par LCR 06 OUEST


 

La deuxième réunion nationale des comités pour un nouveau parti anticapitaliste s’est tenue à La-Plaine-Saint-Denis, le week-end des 8 et 9 novembre.


Il ne fait pas de doute que la réunion de travail nationale des comités NPA a été réussie. Les comités n’étaient évidemment pas tous représentés (tout de même, une large majorité !), mais les quelque 400 délégués ont prouvé non seulement qu’une réelle réflexion collective avait précédé la réunion, mais qu’elle a pu se poursuivre efficacement durant la réunion elle-même.


Plusieurs choix d’organisation s’étaient imposés au vu de la nature du travail que nous avions devant nous : il fallait nécessairement, à la fois, que la réunion soit plus restreinte que celle des 28 et 29 juin et que toutes les déléguées et tous les délégués puissent participer à l’ensemble des discussions, de manière à pouvoir retransmettre les débats de leurs comités. Cela a forcément eu des conséquences sur la réunion : le fait que les comités doivent envoyer un représentant (et non deux ou trois) a fait jouer les ressorts traditionnels des mécanismes de délégation : moins de jeunes, moins de femmes, moins de militants ou de militantes peu expérimentés. En outre, la nécessité de tenir, en si peu de temps, des commissions successives sur les différents textes a donné au week-end un caractère un peu « sportif » du point de vue du rythme. Enfin, avec plus de temps, d’autres discussions auraient pu être approfondies, notamment sur l’organisation du congrès, le nom ou la situation politique et sociale.


Cependant, le pari a été réussi en ce qui concerne les objectifs que s’était fixés la réunion. Deux textes sont désormais disponibles comme documents de congrès, soumis en tant que tels à la discussion des comités, puis au vote des congrès locaux : les principes fondateurs et les statuts. Tous deux ont été profondément modifiés durant la réunion et sont aujourd’hui présentés sous une forme largement réécrite. L’ancien texte intitulé « Orientation » est réorganisé en deux textes, une résolution politique et sociale, de portée générale, et une résolution concernant les élections européennes. Ces deux résolutions, qui nécessitent encore un petit travail de réécriture, seront disponibles d’ici une semaine.


Le sentiment général est que les débats ont été réellement fructueux : les textes en sont vraiment le produit, à chaud, et non celui de discussions à venir déléguées à un petit nombre de militants. C’est tout de même relativement inédit qu’un processus de rédaction de textes de congrès implique autant de militants et de militantes. Un bref échange a également eu lieu en commissions sur le nom du futur parti. La discussion se heurte à de réelles difficultés : en effet, les mots ont un sens qui a parfois été galvaudé par l’histoire, et il n’est pas facile de résumer en un mot le projet de société que nous portons.


Phase congrès


Au-delà des plus de 200 propositions de noms qui circulent déjà, plusieurs types de propositions ont émergé lors des réunions, autour de la démocratie, de la révolution, de l’écosocialisme, d’autres intervenants étant tentés de garder temporairement l’appellation NPA, qui a le défaut d’une définition négative, mais qui s’est imposée dans les médias ces derniers mois et a une résonance différente dans le contexte de la crise du capitalisme. Le débat doit se poursuivre dans les comités, afin d’être tranché au congrès.


Enfin, la commission de travail du comité d’animation nationale (CAN) provisoire sur les statuts a fait des propositions d’organisation pour le congrès. Elles seront discutées à la prochaine réunion du CAN, les 6 et 7 décembre, et, évidemment, par les comités. Quelques indications tout de même : le congrès de fondation ayant lieu les 30 et 31 janvier et 1er février, les assemblées électives se dérouleront vraisemblablement durant les deuxième et troisième semaines de janvier. Le corps électoral potentiel sera constitué de toutes les personnes ayant pris leur carte de membre fondateur au 31 décembre 2008.


La proposition est que le nombre de délégués élus par les assemblées électives soit fonction du nombre de votants dans ces assemblées, à raison d’un délégué s’il y a entre un et dix votants, de deux s’il y en a entre onze et vingt, etc. Les délégations devraient être paritaires. Ces assemblées devraient, quand c’est possible, réunir plusieurs comités. Il faut discuter également des formes de circulation du débat entre les comités : on peut imaginer à la fois un bulletin électronique et un cahier papier qui recensent tous les amendements et textes soumis au vote. Après cette réunion réussie, nous entrons donc de plain-pied dans la phase du congrès.



Texte « Principes fondateurs »


Un groupe de travail composé de délégués et de membres du CAN provisoire a pu synthétiser des dizaines de propositions remontées des comités. Des amendements ont été intégrés sur des propositions essentielles, comme la défense d’une agriculture paysanne face à l’agrobusiness, ou la place centrale de l’art et de la culture dans notre projet de société, ou encore le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à commencer par les victimes de longue date de l’impérialisme français. Des reformulations ont permis de préciser le propos sur la laïcité, l’oppression de la jeunesse, la désobéissance face à l’intolérable, la critique de l’économie libérale, des Trente glorieuses à la crise actuelle.


La dénonciation du capitalisme oppresseur, l’idée que la seule réponse à la hauteur, c’est la lutte pour la transformation révolutionnaire de la société font l’unanimité. Mais les formulations qui permettent de décrire la forme précise de cette stratégie n’ont pas été simples à trouver. Sur le projet de société, chacun s’accorde à dire que la société que nous voulons sera « le règne de la démocratie la plus réelle et la plus étendue possible », sans aucune forme d’oppression, de discrimination, d’exploitation, dans le respect des équilibres écologiques. Mais quel nom lui donner : socialisme ? Écosocialisme ? En tout état de cause, le sentiment d’avoir bien bossé, d’avoir permis le rapprochement des points de vue dominait à la sortie.


Texte « Statuts »


Les statuts provisoires ont été profondément modifiés lors de la réunion nationale, à la suite du travail collectif considérable produit par les différentes discussions s’étant tenues en commissions. Il s’agit quasiment d’une réécriture complète, effectuée par le groupe de travail chargé de la synthèse des différentes propositions d’amendements et des différents points de vue exprimés par les délégués et déléguées. Le plan lui-même a été modifié. Le débat a permis d’avancer sur plusieurs points. On peut en citer trois : le type de structuration de la future organisation, permettant de militer toutes et tous ensemble de manière unifiée et cohérente, tout en faisant en sorte que se déploient les spécificités locales ; le type de représentation, de nature à construire des instances de direction qui soient l’expression de la pluralité, de la diversité des militants et des expériences existant au sein du NPA, sur le plan politique ou géographique ; enfin, la question des formes de structuration autonome des jeunes, qui faisait débat, et pour laquelle un compromis a été trouvé du point de vue des formulations.


Textes « Résolution politique et sociale » et « Résolution européenne »


La réunion a permis de mieux définir les contours du document initialement intitulé « Orientation ». Il s’agit d’un texte définissant les tâches immédiates du NPA, à partir de l’analyse commune que nous faisons de la situation sociale et politique. Dans ce sens, il ne peut donc répondre à toutes les préoccupations et questionnements. Au vu des amendements et des remarques des comités locaux, le texte initial sera divisé en deux résolutions distinctes, permettant ainsi de mieux cerner les tâches et les revendications du NPA. L’une porte sur la situation politique et sociale, où des revendications d’urgence sociales, écologiques et démocratiques seront développées, en précisant qu’elles ne pourront aboutir que si les luttes, les résistances et un grand mouvement d’ensemble voient le jour. La deuxième résolution portera sur les prochaines élections européennes. Sur ce sujet, le texte acte que le NPA sera bien présent, en essayant de constituer des listes de rassemblement anticapitalistes autour d’un plan d’urgence européen.



Deux réunions de commissions thématiques se sont réunies le vendredi 7 novembre dans la soirée. Nous en fournissons de brefs comptes rendus.


Commission « International »


La commission sur le travail international a réuni plus de 25 personnes, d’origines géographiques et politiques différentes. Elle a permis de redéfinir l’importance de la nature internationaliste du parti que nous voulons construire. Le système capitaliste a entraîné le monde dans une crise dont les conséquences sont d’ores et déjà dramatiques pour l’ensemble des populations de la planète. Elle va amplifier l’exploitation, mais aussi le chômage, le pillage des pays dominés, elle peut attiser les tensions internationales, et la répression, voire les guerres.


Il est donc fondamental de construire un parti internationaliste, c’est-à-dire un parti qui agit internationalement et qui est solidaire avec les peuples en lutte pour leur émancipation. Au-delà du profil général, la réunion a permis de discuter des objectifs du NPA sur les questions internationales, à savoir impulser, animer et soutenir des campagnes internationalistes, coordonner les activités internationalistes des comités, informer et former sur les questions internationales, et tisser des liens internationaux.


Une grande partie du débat a été consacrée à la structuration des activités internationales pour atteindre ces objectifs. À l’étape actuelle, la mise en place d’une commission à l’échelle nationale regroupant les personnes intéressées ou investies dans des campagnes internationalistes semble indispensable. Il apparaît aussi nécessaire de subdiviser cette commission en équipes de travail, par régions du monde : Afrique, Amérique latine, Amérique du Nord, Asie, Europe, Maghreb, Palestine/Moyen-Orient, ou par thématiques transversales en fonction de l’actualité, afin d’être plus efficaces dans le suivi de campagnes. Afin d’éviter trop de compartimentation, cette commission devra aussi se lier à d’autres commissions, comme celles sur l’écologie, l’immigration ou les entreprises.


Les échéances à venir ont également été discutées. Notamment, les campagnes anti-impérialistes contre la guerre en Irak et en Afghanistan, pour le retrait des troupes françaises, contre l’Otan, avec une manifestation à Strasbourg les 4 et 5 avril, contre les multinationales (Areva au Niger), pour l’abolition de la dette du tiers monde ; les campagnes contre les oppressions des peuples (palestinen, tamoul…) et de soutien aux prisonniers politiques ; les campagnes pour une autre Europe ou altermondialistes, contre les politiques de l’Union européenne, à l’occasion de la fin de la présidence française, contre le G20, le Forum social mondial de Belém, en 2009, ou européen l’année suivante.


Une nouvelle réunion est déjà fixée au 5 décembre prochain, afin d’aborder le contenu internationaliste des textes proposés pour le congrès de fondation et de traiter des relations internationales du nouveau parti.


Commission « Quartiers populaires »


La commission « Quartiers populaires » poursuit son travail d’échange d’expériences. La réunion du 7 novembre a rassemblé des participants provenant de nombreux comités : Meudon, Saint-Denis, Bobigny, Aubervilliers, Grenoble, Paris 20e, Paris 18e, Toulon, Champigny-sur-Marne, Argenteuil… Ils ont fait part de l’avancement du processus NPA dans ces différents quartiers. Si certains, comme le comité de Toulon, sont très avancés, du fait d’une implantation antérieure de la LCR au cœur des quartiers, d’autres ont une démarche volontariste. Tous ont pu constater la popularité d’Olivier Besancenot, qui ouvre des portes et permet des discussions. Mais il faut aller plus loin, parce que le NPA ne pourra se développer que par une présence régulière des militants.


Les comités les plus avancés sont ceux qui ont des camarades qui habitent ou travaillent dans les quartiers populaires. Ils agissent sur les luttes pour le logement, contre le chômage, contre les violences policières, contre les discriminations… Les quartiers populaires ne sont pas différents du reste de la société, comme voudrait le faire croire la classe dominante, mais les difficultés sociales et les discriminations y sont plus fortes. Les comités NPA doivent y diffuser de l’information et y construire les luttes.


Considérant que l’implantation du NPA dans les quartiers populaires concerne de nombreux comités, la commission a décidé d’installer une table de contacts lors de la réunion nationale des comités. Cette table a permis de se rendre compte d’une activité et d’un nombre de militants présents dans les quartiers plus importants que ce qu’on pouvait penser. En effet, une cinquantaine de fiches ont été remplies par des délégués.


La liste mails et le travail de la commission se concrétiseront par une rencontre nationale sur les quartiers populaires, qui aura lieu les 13 et 14 décembre. Cette rencontre nationale permettra aux comités d’avancer ensemble dans la construction du NPA.

Publié dans nouveau parti

Commenter cet article