La Poste, 22 novembre...

Publié le par LCR 06 OUEST

L’énergie développée, ces dernières semaines, par les collectifs locaux démontre une prise en charge de la mobilisation en faveur de La Poste au plus près des usagers.

Tant mieux : les tenants de la privatisation de La Poste, contrairement à une idée encore trop répandue, sont loin d’avoir abandonné leur projet.

Les déclarations de personnalités de la majorité se multiplient pour expliquer que, si rien n’est décidé, le changement de statut de l’entreprise publique est nécessaire.

Le président de La Poste, quant à lui, développe un intense lobbying, en invitant notamment les parlementaires, par petits groupes, à des petits-déjeuners « de travail ».

Nous n’avons donc pas d’autres choix que d’être à l’offensive.

 

 

La rencontre avec les usagers, devant les bureaux de poste ou sur les marchés, valide totalement cette attitude.

D’une part, il est très clair que le projet de privatisation est très minoritaire dans la population. Partout, l’accueil est chaleureux.

D’autre part, les utilisateurs de La Poste sont en demande d’une amélioration des services, d’une diminution de l’attente dans les quartiers populaires.

C’est pourquoi il est nécessaire, si l’on veut créer les conditions d’un grand débat public sur l’avenir du service public postal, d’être à l’offensive sur nos propositions.

Le statu quo n’est pas une solution lorsque, dans les bureaux de poste, se développe un accueil à deux vitesses : l’un pour les « clients » argentés ou les professionnels, l’autre pour les usagers jugés non rentables.

Il n’est pas possible de se contenter du statu quo lorsque, dans l’attente de la libéralisation totale du marché, Bercy planche sur un projet limitant le nombre de distribution de courrier à cinq jours par semaine dans les zones urbaines et à trois dans les zones rurales, au lieu de six aujourd’hui sur l’ensemble du territoire.

La conséquence d’une telle évolution : la destruction de plus de 10 000 emplois !

 

 

Aujourd’hui, au-delà même de la privatisation de La Poste, il est tout aussi important de remettre en cause la logique de libéralisation du marché postal.

Ce combat est d’autant plus important que la transposition de la directive européenne dans le droit français reste à venir.

Enfin, la mobilisation du 22 novembre coïncide avec un calendrier chargé – grèves dans l’Éducation nationale, le 20 novembre, et à la SNCF, le 23 novembre.

Dans tous ces secteurs, il s’agit de contester la toute-puissante logique de la rentabilité financière au détriment des besoins des populations.

Le 22 novembre pourrait donc être un premier pas vers la convergence des postiers et des usagers mais aussi, plus globalement, la convergence des luttes pour la défense des services publics.

Ce sera ainsi le cas à Marseille, où la manifestation marquera la convergence avec les mobilisations sur les hôpitaux et le logement.

La réussite du 22 novembre doit permettre la création d’une véritable dynamique contre la privatisation de La Poste et pour la défense de l’ensemble des services publics.

 

 

Bruno Quignard.

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