La justice des mineurs aux oubliettes...

Publié le par LCR 06 OUEST

 

Communiqué de la LCR.

 

La commission Varinard, diligentée par la Garde des Sceaux, Rachida Dati, vient de rendre ses conclusions. Comme il était prévisible, elle avait pour fonction de liquider l’ordonnance de 1945 qui privilégie l’éducatif sur le répressif. La commande de Rachida Dati a donc été respectée par une commission faite sur mesure.

 

Parmi l’arsenal de mesures proposées, l’une d’entre elles est assez emblématique de l’ensemble : l’instauration de la responsabilité pénale dès l’age de 12 permettant de jeter en prison les mineurs à partir cet âge. Toutes les solutions préconisées par la commission Varinard représentent un dramatique retour en arrière de plusieurs dizaines d’années, à l’époque des maisons de correction, fermées dans les années 197O. Après avoir étouffé le travail éducatif auprès des jeunes par manque de moyens et de personnel, notamment en fermant de nombreux foyers et de centres d’action éducative et d’insertion de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), le gouvernement prône l’enfermement avec un arsenal de sanctions entraînant, de fait, une disparition du travail éducatif.

 

Autre disposition scandaleuse : le passage devant un tribunal correctionnel classique des jeunes entre 16 et 18 ans, en cas de récidive. C’est d’autant plus scandaleux après le suicide de Julien, 16 ans, enfermé à l’EPM de Meyzieu, ce qui a conduit la Commission nationale de déontologie et de la sécurité à souligner les « graves lacunes » de la part de la direction de l’EPM.

 

La LCR rejette totalement les conclusions de la commission Varinard et leur logique carcérale et réaffirme son attachement aux dispositions prévues par l’ordonnance de 1945, à la primauté de l’éducatif disposant des moyens matériels et humains indispensables.

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