C'est Darcos qu'il faut virer...

Publié le par LCR 06 OUEST

Dans les écoles primaires, jeudi 20 novembre, le taux de grévistes a atteint 70 %, au niveau national. Dans de nombreux départements, il fut égal à celui de 2003. Une trentaine d’assemblées générales (AG) ont voté la poursuite du mouvement par la grève en proposant d’en discuter la semaine suivante, une dizaine de départements se mettant en grève les 25 ou 27 novembre.

 

La colère des enseignants et leur résistance face aux attaques gouvernementales qui démantèlent le service public d’éducation ont donc largement été démontrées dans la rue, avec le soutien des lycéens et des étudiants.

Xavier Darcos estime que « [les mobilisations] montrent, en tout cas, qu’il y a dans ce ministère une culture de la grève qui nous empêche de parler des choses réelles ». Même s’il affirme vouloir maintenir ses contre-réformes, ses interviews relèvent d’un aveu de faiblesse. Pas plus de réponse à la hauteur du côté des syndicats majoritaires du premier degré (Snuipp-FSU, SE-Unsa, Sgen-CFDT) qui, loin de s’appuyer sur le mouvement des enseignants pour construire le rapport de force, inventent un nouveau concept, en adressant au gouvernement un « préavis de négociations » de cinq jours.

Quant à l’intersyndicale éducation, elle s’est réunie le lundi 24 novembre, afin de proposer de nouvelles actions, trop éloignées pour créer un véritable rapport de force. Or, dans les AG, l’arrêt des grèves de 24 heures, inefficaces, comme celles qui ont été appelées l’année dernière par les syndicats majoritaires, fait consensus.

 

Si, dans le second degré, les suppressions de postes, l’augmentation des heures supplémentaires et la contre-réforme des lycées cristallisent le mécontentement, dans le premier degré, le mécontentement se concentre sur les 108 heures annualisées, et particulièrement les 60 heures d’aides personnalisées, qui n’ont d’autre but avoué que de supprimer 9 000 postes d’enseignants spécialisés (Rased) auprès des élèves en difficulté dans les trois prochaines années.

 

En opposant parents et enseignants, le gouvernement comptait bien gagner une bataille d’opinion idéologique. La manifestation nationale du 19 octobre a montré que l’ensemble de la communauté éducative rejette les mesures Darcos, de la maternelle à l’université. La présence des lycéens, des étudiants et des fédérations de parents d’élèves dans la rue, le 20 novembre, montrent que le gouvernement a d’ores et déjà perdu sur ce point.

 

Dans les assemblées générales, il faut mettre en débat la généralisation de la grève à tous les personnels de l’Éducation nationale, avec les élèves et le soutien des parents. Si les syndicats majoritaires ne veulent pas offrir cette perspective, il est temps de créer des cadres autogérés (coordinations, collectifs…), afin d’engager l’épreuve de force avec le gouvernement. Sans plus attendre. 

 

Nina Lehair. 

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