La Poste...

Publié le par LCR 06 OUEST

Au sein d’une semaine socialement agitée, la mobilisation des postiers, le 22 novembre, était attendue. Certains dirigeants de l’entreprise rêvaient d’ailleurs d’un échec de cette initiative pour redonner un peu de couleur à leur projet de privatisation de l’entreprise publique, quelque peu ébranlé par la mobilisation et la situation économique. Avec plus de 100 initiatives sur l’ensemble du territoire et plusieurs dizaines de milliers de manifestants, leur espoir a été déçu !

 

La réussite de cette mobilisation n’était pas gagnée d’avance. Si l’accueil des usagers, lors des initiatives organisées devant les bureaux de poste et les marchés, ou encore lors de réunions publiques, l’instabilité et le flou entretenu sur la poursuite du projet de privatisation par des représentants de la majorité pouvaient laisser entendre à certains que l’affaire était, sinon abandonnée, du moins repoussée. Pourtant, il n’en est rien et le gouvernement devrait dévoiler son jeu avant la fin de l’année.

 

Dans ce contexte, la mobilisation du 22 novembre, très importante dans des villes moyennes ou petites, est particulièrement intéressante, car elle démontre qu’il s’agit d’un mouvement qui s’ancre dans la population, qu’il ne s’agit pas uniquement d’un mouvement de militants. Il est d’ailleurs important de souligner que des actions de résistance contre les fermetures de bureaux de poste connaissent un regain d’activité. Une évolution salutaire, au moment où le responsable des bureaux de poste a annoncé que 3 000 bureaux devaient être transférés vers les collectivités locales ou confiés à des commerçants avant la fin 2010…

 

Comme ombre au tableau, il faut reconnaître que l’intersyndicale est de plus en plus fragile, la CFDT indiquant qu’elle est favorable au changement de statut de l’entreprise, c’est-à-dire à son évolution en société anonyme. Cette situation rend encore plus essentielle la mobilisation à l’extérieur de La Poste. Le rôle des associations et des partis politiques, aux côtés des syndicats, dans le cadre des collectifs locaux, devient déterminant. Les militants du NPA, très présents le 22 novembre, y ont évidemment toute leur place.

 

Bruno Quignard.

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