Les bénéfices du CAC 40, fauteurs de crise...

Publié le par LCR 06 OUEST

L’augmentation des profits en période de crise illustre à quel point la bourgeoisie a perdu toute légitimité à diriger la société.


« Bénéfices records en vue pour les entreprises du CAC 40 », titrait Le Monde, dans son édition du 16 septembre dernier.
L’an dernier, les principaux groupes de la Bourse avaient frôlé les 100 milliards d’euros de bénéfices. Ils devraient faire 12 % de mieux en 2008, selon l’étude d’un cabinet d’expertise (PriceWaterHouseCoopers).
La plus forte augmentation revient à ArcelorMittal, avec 40 % de plus que l’an dernier, et l’annonce, entre-temps, de la fermeture de son usine à Gandrange qui laisse près de 700 ouvriers au chômage.
En volume, c’est toujours Total qui est en tête.
Le groupe pétrolier a déjà engrangé 11 milliards d’euros de profits sur les neuf premiers mois de l’année, soit 21 % de plus que l’an dernier sur la même période.
Ce qui n’a pas empêché son PDG, Christophe de Margerie, invité au « Grand Jury », de pleurer misère en évoquant la baisse des prix du pétrole qui menace, à l’entendre, le développement nécessaire de nouvelles prospections.
Il s’est indigné qu’on puisse parler de « superprofits » du groupe pétrolier, ou encore d’excès en matière d’indemnités de départ.
« Je ne vois pas pourquoi un patron n’aurait pas droit à quelque chose », a-t-il plaidé pour justifier la prime de deux ans de salaire qui lui serait alors versée.
Un « quelque chose » de 5,5 millions d’euros, sans compter les stock-options !


Parallèlement aux profits, les revenus des PDG des groupes du CAC 40 ont également progressé, de 6 %, selon une enquête de la société Proxinvest.
L’an dernier, ils se sont fait attribuer 4,7 millions d’euros en moyenne, soit 275 fois le Smic. Jean-Paul Agon, PDG de L’Oréal, Bernard Arnault (LVMH) et Arnaud Lagardère (le groupe du même nom) ont empoché chacun près de 14 millions d’euros. Certains autres, qui ne sont plus PDG mais restent présidents de conseils d’administration, continuent à toucher des sommes faramineuses, comme par exemple Thierry Demarest, qui reçoit de Total 3,46 millions d’euros.


Les trusts font étalage des richesses qu’ils ont accaparées, extorquées aux travailleurs du monde entier et leurs dirigeants se vantent sans complexe des primes qu’ils se font verser.
Leur aveuglement est étonnant. Il est largement acquis, aujourd’hui, que ce n’est pas la crise pour tout le monde. Bien mieux, la crise est une réponse de ces mêmes trusts au ralentissement de la chaudière à profits, du fait de la saturation progressive des marchés qu’ils ont eux-mêmes provoquée par leur politique de régression sociale, de baisse du coût du travail, dans le seul but, précisément, d’augmenter les profits.


Les fermetures d’usines, partielles à travers le chômage technique, ou définitives, les licenciements par centaines de milliers, n’ont à leur tour pas d’autre objectif que de maintenir les profits.
La classe dirigeante ruine la société pour le maintien de ses privilèges, voilà ce qui devient patent aux yeux de tous.

Galia Trépère.

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