Darcos, premier recul et après...

Publié le par LCR 06 OUEST

Face à la mobilisation lycéenne, le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, a repoussé la contre-réforme des lycées. Il s’agit d’une première victoire, mais l’ensemble des mesures réactionnaires du gouvernement doit être supprimé.

Les lycéens sont entrés massivement dans la contestation des contre-réformes Darcos avec, dans de nombreux départements, des blocages de lycées, des manifestations exceptionnelles, des occupations de nuit. Face à ce mouvement, le gouvernement a dû retirer la contre-réforme des lycées, assurant la repousser d’un an. Au-delà des actions appelées par les syndicats, la résistance et les mobilisations se poursuivent aussi chez les enseignants du primaire, où d’autres formes d’action se multiplient : occupations administratives des écoles par les parents, appels à la désobéissance pédagogique, etc. La pétition demandant l’arrêt de la démolition de l’école et la démission de Darcos a déjà recueilli plus de 15 000 signatures.


La désobéissance des enseignants du premier degré fait tache d’huile, près de 40 départements appelant à la suspension des mesures Darcos concernant les nouveaux programmes, la suppression des Rased (enseignants spécialisés auprès des élèves en difficulté) et la mise en place d’une évaluation des élèves destinée à mettre les écoles en concurrence. Les enseignants sont soumis à des pressions hiérarchiques, comme Bastien Cazals, enseignant de l’Hérault, qui a subi une retenue sur salaire pour avoir envoyé à sa hiérarchie une lettre de désobéissance.


Ces mouvements de résistance confirment la colère des enseignants, des élèves et des parents face à la démolition du service public. Ne prenant pas appui sur les personnels les plus mobilisés, comme ceux de Loire-Atlantique qui appelaient à la grève le 18 décembre aux côtés des lycéens, les fédérations de la fonction publique tergiversent sur un éventuel appel à la grève en janvier.


Pour faire reculer le gouvernement, un « tous ensemble » s’impose. S’il est positif, l’appel interprofessionnel à la grève, le 29 janvier, ne suffira pas : dans l’Éducation, les vacances de février débutent le 3… Darcos se plaît à dire qu’il n’est pas le ministre de l’hésitation nationale, mais il a déjà été contraint à un recul. Les enseignants, les lycéens, les chercheurs, les parents ne doivent pas être non plus les victimes de l’hésitation nationale des organisations syndicales à organiser une mobilisation tous ensemble.


Si les directions syndicales ne sont pas capables d’engager le bras de fer avec le gouvernement, c’est par en bas que le mouvement de grève doit se construire. Ces dernières semaines, le mouvement a franchi une étape, la colère gronde bien au-delà des seuls enseignants. D’ici l’arrivée des vacances scolaires et à la rentrée, la fédération des luttes doit se poursuivre, afin d’arriver à une grève nationale reconductible aussitôt après la rentrée de janvier, dans le but de mettre un coup d’arrêt aux contre-réformes Darcos, d’exiger l’abrogation de ses décrets et l’organisation d’états généraux sur l’école.

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