Congrès du PCF...

Publié le par LCR 06 OUEST

Recherche identité... désespérément !

La situation issue du dernier congrès du PCF révèle l’ampleur de la crise de ce parti. Mais si le PCF appelle à un front commun en vue des élections européennes, il espère bien une alliance avec le PS pour les autres échéances.

Vote à bulletins secrets avec boîtier électronique, séances de nuit pour discuter des amendements, trois listes alternatives à la direction et la décision de Marie-George Buffet d’intégrer des représentants des minorités à la proportionnelle au conseil national…
Du coup, tous les courants sont représentés à la direction du PCF, qui reconnaît ainsi pour la première fois, mais sans le dire, les tendances. Du jamais vu à un congrès du PCF ! Voilà pour l’aspect positif. En revanche, la crise identitaire du PCF n’a pas été réglée, même si la direction sortante a recueilli environ 67 %, contre plus de 16 % à Marie-Pierre Vieu. Celle-ci a réuni les « communistes unitaires » et les anciens partisans de Robert Hue, qui ne le suivent plus dans sa tentative de rassembler toute la gauche. 10 % ont soutenu le député « orthodoxe » André Gérin et 5 % l’ancien fidèle de Georges Marchais, Nicolas Marchand.


Les 800 délégués étaient à l’image de ce qu’est devenu le PCF : un tiers d’élus, 12 % de délégués de moins de 30 ans, mais 55 % de plus de 50 ans, et quasiment aucun délégué issu de l’immigration. Le congrès a été dominé par des interventions d’une généralité affligeante sur la nécessité du PCF, la volonté de ne pas se dissoudre dans une autre force, sans jamais aborder les questions politiques qui fâchent et que tout le monde avait dans la tête.

Dans le rapport introductif du futur coordinateur de l’éxécutif, Pierre Laurent, et dans les interventions des délégués, il n’y avait quasiment pas un mot sur les rapports avec le PS et rien sur le NPA, deux questions pourtant essentielles pour les délégués et les militants. La grande majorité des délégués se rassemblait sur la volonté de conserver le PCF tout en le réformant, d’affirmer son identité face à un PS qui les rebute de plus en plus, tout en refusant de rompre avec ce parti qui assure le maintien de leurs élus dans les institutions.


Dans ce cadre, les « orthodoxes » se sont battus pour l’affirmation du parti en se gargarisant de formules sur la lutte de classe et le communisme. Quant aux « unitaires », leur proposition de fusionne le PCF avec les « antilibéraux » dans une nouvelle force de transformation sociale fut très minoritaire. En revanche, toutes ces sensibilités sont unanimes pour penser qu’il faut aller au pouvoir par une majorité parlementaire et présidentielle, et donc avec le PS. L’alliance actuelle avec Mélenchon ne durera que le temps des européennes, avant que le PCF ne se retourne vers le PS.


Durant le congrès, le PCF et le Parti de gauche se sont mis d’accord pour une liste commune, « un front » pour les européennes, qui fera partie d’un front progressiste européen soutenu par des personnalités et, sans doute, le Parti de la gauche européenne, aujourd’hui présidé par Die Linke et hier par le Parti de la refondation communiste italien…


La question du devenir du PCF est posée. Il n’est plus une force nationale de mobilisation, ni une force électorale, mais il reste une force réelle, éclatée, se concentrant autour de bastions municipaux. Restent aussi une tradition, une culture et des militants dévoués. Aux marges, Robert Hue et Jean-Claude Gayssot se retrouvent dans le Nouvel espace progressiste (NEP), un club sans militant qui veut rassembler toute la gauche, tandis que les communistes « unitaires » tentent de construire la Fédération. Ils n’ont réuni que 150 personnes, samedi 13 décembre, lors d’un meeting-débat à 200 mètres du congrès du PCF. Avec la double appartenance possible, les « unitaires » pourront ainsi rester au PCF s’ils le souhaitent.


Il serait faux de réduire la gauche au PS et au NPA mais, entre ces deux pôles, qui développent deux projets antagoniques, il existe ainsi toute une série de courants qui doivent se retrouver dans les mobilisations communes contre l’adversaire que sont Sarkozy et le patronat, mais ils doivent aussi débattre pour clarifier leurs positions : réformer, dépasser ou renverser le capitalisme ? 

Alain Krivine.

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