Texte pour le congrès, plateforme B...

Publié le par LCR 06 OUEST

plate forme B

Quel message pour la LCR ?


C’est à un congrès bâclé, de par la volonté de leur majorité de direction, que les militantes et les militants de la LCR se voient confrontés. Organisé sur quelques heures, localement et nationalement. Sans bilan des apports – et erreurs – de leur organisation au fil de ses 40 ans d’existence. Pour nous, qui militons depuis longtemps en faveur du dépassement de la LCR dans un cadre plus large où elle pourrait faire fructifier son héritage, cette liquidation est de mauvais augure.


Voilà pourtant un congrès qui n’a rien d’une formalité. Une dissolution n’est pas un acte banal. Non seulement en raison de sa forte charge symbolique, mais parce qu’il s’agira de savoir quel message la LCR va délivrer à celles et ceux qui se sont engagés à ses côtés dans la formation d’un nouveau parti. Rien de moins !


La démarche de la majorité de la direction nationale affiche une vision étriquée du NPA, qui peut conduire à ce qu’il ne soit qu’une simple extension de ce qu’était la LCR. Elle évalue le processus à l’aune unique du « triplement » espéré des effectifs de l’actuelle LCR et du « dépassement » des histoires existantes au sein de celle-ci. Elle ne reprend plus les appels – bien trop timides, déjà – un moment émis en direction de quelques secteurs militants ou « personnalités ». En niant aux membres de la IVe Internationale le droit de le demeurer, dans le cadre d’une association qui ne s’immiscerait pas dans les débats du NPA, tout en faisant assumer à ce dernier les liens avec une Internationale dont il ne sera pas membre, elle contredit gravement le principe de transparence et nie de facto le pluralisme qui devrait être celui du nouveau parti.


Tout cela marque l’aboutissement d’une méthode. Depuis le début, la majorité de direction a exalté le caractère « révolutionnaire » du NPA, elle a rétréci son champ de vision à quelques groupes d’extrême gauche, et elle a fait capoter tout dialogue avec des courants n’assumant pas l’histoire de la gauche révolutionnaire. Du coup, alors que la proposition d’un NPA avait recueilli un incontestable écho, le nombre d’adhérents escomptés a fondu, et la place du NPA risque d’être celle d’une organisation un peu élargie d’extrême gauche.


Il est possible de redresser la barre. C’est même devenu indispensable, au moment où la crise rend plus urgente que jamais une alternative antilibérale et anticapitaliste crédible à une échelle de masse. Alors que toutes les lignes bougent de nouveau au sein de la gauche, faisant surgir de nouveaux partenaires, comme le Parti de gauche ou la Fédération. Et au moment où les élections européennes peuvent devenir l’occasion incontournable d’offrir un début de traduction politique à la crise sociale qui se dessine, de bouleverser la donne à gauche.

Il est pour cela un moyen.

Que l’ultime congrès de la LCR se prononce pour un NPA ouvert, orientant résolument son combat en direction de la gauche et du mouvement ouvrier. Un NPA qui devienne un instrument pour la construction de résistances majoritaires et unitaires aux attaques de la droite et du Medef. Et qui agisse immédiatement en faveur d’un front de toutes les forces en quête de rupture avec l’ordre dominant, aujourd’hui dans les luttes et demain aux européennes. Un NPA qui, loin de se croire une fin en soi, agisse comme un levier en vue de l’émergence à terme d’un grand parti pluraliste pour le socialisme. Un parti à même de contester durablement l’hégémonie du social-libéralisme porté par le PS au sein de la gauche. Le congrès doit porter haut et fort cette ambition. Manquer cette ultime opportunité serait menacer le NPA d’une pente dangereuse.

Michelle Ernis, Alain Faradji, Marianne Mugnier, Christian Picquet

Publié dans nouveau parti

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