Congrès de la LCR, des textes de la plateforme A...

Publié le par LCR 06 OUEST

Le XVIIIe Congrès national de la LCR se tiendra le 5 février prochain. Sauf imprévu, il s’agira en fait du dernier, l’enjeu central du débat étant le dépassement de la LCR dans le cadre du nouveau parti anticapitaliste (NPA), dont le congrès de fondation se déroulera immédiatement après, du 6 au 8 février 2009. Convaincu que la discussion qui se mène au sein de la LCR peut intéresser bien au-delà de ses rangs, « Rouge » donne la parole, pour la deuxième et dernière fois, aux deux plateformes constituées pour l’occasion.

Plate forme A


Le congrès de dissolution de la LCR est la conclusion logique de l’orientation mise en œuvre depuis plus d’un an. L’heure est venue de répondre à une question simple : pensons-nous que le NPA est un outil qui permettra de faire plus et mieux que la LCR ? Répondre à cette question, c’est juger le processus à la fois à la lumière des textes soumis au vote et aux faits.


Le NPA est un parti de classe, de rupture claire et nette avec le capitalisme, pour la transformation révolutionnaire de la société, pour le renversement des institutions au service de la classe dominante afin d’ouvrir la voie à une société pleinement démocratique, égalitaire et écologique, sans parenté avec les pays du « socialisme réel ». Les textes illustrent la volonté de se battre au quotidien pour des mesures d’urgence répondant aux besoins sociaux et traçant les contours d’une autre société. Le NPA ne revendique pas de filiation spécifique avec le trotskysme, mais une continuité avec celles et ceux qui ont affronté jusqu’au bout le système depuis deux siècles.


Le NPA est un parti pluraliste et démocratique. Le processus constituant a commencé « par en bas », puis il y a eu un réel élargissement politique avec la participation de camarades venant de diverses composantes du mouvement social, de la gauche antilibérale, de l’écologie politique, de camarades issus du PS, du PCF, du mouvement libertaire, de la gauche révolutionnaire. Sans s’affadir, le NPA a tout à gagner à s’ouvrir plus encore. Ses statuts, le haut degré d’exigence démocratique qui s’y exprime sont une garantie pour la vivacité du débat interne. Les règles fixées permettent de faire des choix clairs.


Bénéficiant dès le départ d’une tout autre implantation sociale que celle de la LCR, le NPA est un instrument qui répond aux exigences de l’heure. Avec la crise du PS et celle du PCF, l’offre politique est éparpillée : PdG de Mélenchon, NEP de Hue et Gayssot, Fédération pour une alternative sociale et écologiste. Le NPA a de bonnes chances de se renforcer dans cette période de décantation, car il offre une issue radicale, totalement neuve, et revendique sa complète indépendance vis-à-vis de toutes les formes d’alliance avec le PS. Il propose une solution à la hauteur de la crise capitaliste : la rupture avec le système lui-même.


Cette orientation forme un tout cohérent. Là réside la divergence majeure avec les camarades de la PFB, qui affirment vouloir « dépasser vraiment la LCR », mais qui, en réalité, veulent surtout dépasser… le NPA ! Ils appellent à dissoudre la LCR, à fonder le NPA, sans aucune appréciation positive de ce processus, et proposent de nouveau une orientation qui a échoué, en voulant marier ceux qui n’ont pas renoncé à gouverner avec le PS et des mouvements en rupture avec lui.


En cette fin 2008, en Grèce, en Italie, en Espagne et maintenant en France, la jeunesse sonne le tocsin de la révolte sociale pour refuser de payer leur crise. Elle a besoin de puissants relais pour étendre, généraliser, politiser l’affrontement. C’est modestement ce que nous cherchons à faire avec le NPA. À notre échelle, c’est un choix historique. La LCR ne meurt pas. Elle se dépasse dans le NPA, un NPA qui aura besoin de toute l’expérience accumulée par les militantes et les militants de la LCR, qu’ils en soient membres depuis quelques mois, quelques années ou quelques décennies. Ce choix est fondamental, bien loin des petits calculs de congrès. Nous ne lâchons rien ! Le combat continue ! 

Anne, Basile, Christine, Flavia, Fred, Galia, Guillaume, Ingrid, Jean-François, Jean-Philippe, Monique, Myriam, Olivier, Pierre-François, Roseline, Sandra, Vanina, Yvan (membres du bureau politique de la LCR).

Relever le défi du dépassement


« Congrès bâclé », « vision étriquée du NPA », « une simple extension de ce qu’était la LCR », « le nombre d’adhérents escomptés a fondu » : le congrès (de dissolution) de la LCR et le congrès (de fondation) du NPA n’ont pas encore eu lieu… que la plateforme B (PFB) en a déjà tiré le bilan ! Négatif, évidemment… Et, apparemment, avec une certaine délectation.


De fait, ce pseudo-bilan est pour le moins prématuré, en particulier pour ce qui est du nombre de militants qui vont effectivement fonder le NPA dans quelques semaines. Mais il est d’ores et déjà en complet décalage par rapport aux réalités qu’ont pu vivre les militants et les militantes de la LCR qui se sont réellement investis dans le processus de construction du NPA. Aucun d’entre eux, aucune d’entre elles ne peut reconnaître le contenu et le résultat de son activité dans la fable d’un NPA qui ne serait qu’une « simple extension de ce qu’était la LCR » !


En vérité, le NPA regroupe d’ores et déjà des militants issus de bien d’autres traditions que celle qu’a incarnée la LCR – ou même, plus globalement, la gauche révolutionnaire – et, surtout, des nouveaux militants pour lesquels le NPA est le premier engagement « partidaire ». Quiconque a assisté ne serait-ce qu’à une seule réunion d’un collectif NPA a pu constater le très grand pluralisme des références, des aspirations et des réflexions. Là où la PFB préfère retenir une « exaltation » ( ?) du caractère « révolutionnaire » du NPA, beaucoup ont constaté le succès d’une démarche inédite qui a consisté à faire travailler et débattre plusieurs milliers de personnes de documents de référence qui ne revendiquent pas une vision particulière de l’histoire et du monde, comme c’était le cas de la LCR. Mais qui – c’est vrai – inscrivent le NPA « dans la continuité de celles et ceux qui ont cherché, avec ou sans succès, à renverser l’ordre établi ou à résister à l’oppression ». Faut-il vraiment le regretter ?


La vérité est que, depuis le début, les camarades qui animent la PFB pensent que le projet de construction du NPA engagé par la LCR « ne peut pas marcher ». Donc… il ne doit pas marcher ! Et si le processus rencontre néanmoins quelques succès, ceux-ci ne peuvent être qu’étriqués, jamais à la hauteur des enjeux, etc. Les camarades se targuent de « militer depuis longtemps pour le dépassement de la LCR dans un cadre plus large ». Mais, apparemment, ils ont quelque mal à « passer à l’acte » : il est vrai qu’aujourd’hui, il ne s’agit plus d’une noble posture, mais d’un choix concret. Quand, simultanément, on insiste lourdement sur le fait que le NPA n’est pas « une fin en soi » – ce qui est naturellement vrai de toute forme d’organisation – et que l’on propose par ailleurs de reconstituer immédiatement la LCR sous forme d’une « association IVe Internationale », le message délivré est aux antipodes de ce qui a rendu possible la construction en confiance du NPA : l’engagement de la LCR à se dépasser dans le processus.


La LCR a été une organisation produite par la fusion d’un courant marxiste révolutionnaire et de la radicalisation de la jeunesse dans les années 1960. Par la suite, elle a su s’ouvrir à l’apport d’autres courants de la gauche révolutionnaire et anticapitaliste. Si elle peut aujourd’hui relever, avec audace et sérénité, le défi du dépassement, c’est grâce à son histoire et non malgré elle, grâce aussi à cet apport. Alors, à la veille de dépasser la LCR dans le NPA, il n’est évidemment pas obligatoire d’être enthousiaste. Mais ce n’est pas non plus interdit ! D’autant que c’est vraiment justifié…

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