Cap sur le 29 janvier...

Publié le par LCR 06 OUEST

La crise du système capitaliste ne fait que s’accentuer. Désormais, aucun pays n’est épargné, des États-Unis à l’Inde ou même la Chine. En France, la récession s’accentue, les licenciements explosent, le chômage partiel se développe, les baisses de salaires se multiplient et le gouvernement continue, aux forceps, sa politique réactionnaire. En privatisant les derniers services publics, comme ceux de la santé ou de La Poste, en poursuivant les suppressions massives d’emplois dans la fonction publique, et en voulant toujours faire travailler plus pour gagner moins…


Dans ce contexte, pour prétendument sauver les emplois, le gouvernement continue à donner des millions d’euros aux banques et aux entreprises. Et pourtant, les 40 principales entreprises françaises cotées en Bourse s’apprêtent à annoncer 94 milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2008 ! À peine moins qu’en 2007, mais beaucoup plus que toutes les années précédentes. Au total, en cinq ans, les bénéfices dépassent les 400 milliards d’euros ! Parmi ces 40 principales entreprises : les banques, à qui l’État garantit aujourd’hui, sous prétexte de crise, 360 milliards ; PSA ou Renault, qui vont toucher 40 milliards d’aides et qui licencient par milliers ; Arcelor Mittal, qui fait 10,5 milliards de profit (+ 40 % par rapport à 2007) et qui licencie 1 500 salariés ; Total, etc.

Les dividendes qu’ils vont distribuer à leurs actionnaires sont en telle augmentation que les patrons s’inquiètent de ce que les salariés se mettent à penser que, pendant qu’ils se serrent la ceinture, les aides de relance de l’État vont directement dans les poches des actionnaires. Le patronat et le gouvernement veulent faire supporter tous les frais de la crise à l’ensemble de la population et du monde du travail.


Les gouvernements de droite comme de gauche nous disaient, hier, que les bénéfices d’aujourd’hui créeraient les emplois de demain. Ils ont servi à la spéculation : 80 milliards des profits de 2006-2007 ont été distribués aux actionnaires, qui les ont placés dans la finance. On nous disait que, si on acceptait les licenciements, le blocage des salaires, la précarité, la dégradation des conditions de travail, la bonne santé des entreprises serait garantie. Cela a juste provoqué la crise financière, l’arrêt de l’activité économique, les licenciements massifs et les baisses de salaires.


Sarkozy a beau faire le fanfaron et dire que « quand il y a une grève, personne ne s’en aperçoit », Darcos a dû reculer devant la grève des lycéens et des enseignants. Lui-même s’énerve contre les cheminots victorieux de Saint-Lazare, qui défendent l’emploi et la sécurité des usagers. Pour faire taire la contestation sociale, le gouvernement choisit de la criminaliser. Le Droit au logement (DAL) a été condamné à 12 000 euros d’amende pour sa défense des sans-abri. Trois postiers, Yvon Mélo, Gaël Quirante et Olivier Besancenot, ont été convoqués au commissariat après une plainte d’un cadre de La Poste, à la suite de la mobilisation sociale. Partout où on se bat, il y a des mises à pied, des licenciements. Sarkozy multiplie les invectives et il s’efforce de resserrer autour de lui la télé, les juges et ses députés, qui viennent de refuser de voter le travail du dimanche, une autre promesse électorale. Le gouvernement veut faire des exemples, parce qu’il a peur de la jonction des multiples conflits traversant le pays.


Dans ce contexte, la journée de mobilisation et de grève nationale du 29 janvier, appelée par l’ensemble des organisations syndicales, doit servir à la convergence de toutes les résistances et des luttes qui existent dans le pays. Elle doit être la première étape de préparation d’une grève générale pour augmenter les salaires, interdire les licenciements et embaucher dans les services publics en prenant sur les profits. Il faut que cette journée soit un véritable succès, que nous soyons des millions en grève et dans la rue. Partout, dans toutes les entreprises et les secteurs d’activité du privé comme du public, il faut gagner la grève.


Certes, une seule journée d’action ne suffira pas à faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais elle leur montrera que nous refusons de payer leur crise. Et que, demain, nous pouvons être encore plus nombreux. Cela montrera aussi aux dirigeants des grandes organisations syndicales qu’ils doivent préparer tous les salariés à la contre-offensive nécessaire sur une véritable plateforme revendicative.


Le 29 janvier doit être le premier acte d’une mobilisation destinée, à chaque étape, à entraîner dans la lutte de nombreux salariés, à redonner confiance à ceux qui ne croient plus à la capacité du monde du travail à faire bouger les choses. Ce n’est qu’en bloquant l’économie que nous nous ferons entendre. Dans les manifestations, doivent converger les salariés en grève, celles et ceux qui défendent l’école publique, les emplois, qui se battent pour le droit au logement ou les droits des sans-papiers, toutes celles et tous ceux qui ont à affronter la politique de Sarkozy.

Sandra Demarcq.

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