Municipales, programme.

Un programme 100 % à gauche.

 

La LCR présente ou soutient 200 listes pour que, dans nos villes, dans nos quartiers et dans nos campagnes, des élus 100% à gauche fassent entendre une réelle alternative anticapitaliste. Avec ces élus, nous nous battrons pour le droit à une santé et une éducation pour tous, la remunicipalisation de l’eau, l’application du droit au logement, la création et le renforcement des services publics, l’arrêt du versement des aides publiques aux entreprises privées – aides qui n’ont jamais créé d’emplois –, le remboursement des aides déjà versées. Bien sûr, ce n’est pas un vote, même massif, pour les candidats et les candidates de ces listes qui changera le pouvoir en place et imposera les mesures d’urgence sociales et démocratiques qui sont aujourd’hui nécessaires. Mais nous présentons des revendications réalisables rapidement dans les communes. En voici les principales.


LOGEMENT

Un toit c’est un droit :

• application de la loi de réquisition des immeubles vacants ;

• interdiction des expulsions ;

• inéligibilité des maires qui ne respectent pas, dans leur ville, la loi SRU (20 % de logement social) ;

• transparence dans le traitement des demandes de logement dans des offices publics municipaux du logement, sous le contrôle démocratique des populations et sans discrimination ;

• expropriation des marchands de sommeil (leurs immeubles doivent être récupérés, rénovés et gérés par des offices municipaux) et relogement des locataires dans la commune s’ils le souhaitent ;

• application du droit de préemption de la commune sur les immeubles mis en vente, pour les acquérir et les transformer en logements sociaux ou en espaces communs pour la population ;

• non aux démolitions de logements sociaux. Et, dans les cas de réhabilitation ou de destruction, les habitants devront être consultés par référendum (et pas seulement par une enquête individuelle et confidentielle) avec, en préalable, l’engagement pour les familles d’être relogées sur place et sans augmentation de loyer.


EAU

Dans 60 % des villes, la distribution de l’eau est déléguée au privé pour un prix, en moyenne, 25 % plus élevé qu’en régie publique. L’eau doit rester un bien commun et non une marchandise :

• expropriation des trusts de l’eau et mise en place d’un service public national de l’eau et de l’assainissement ;

• retour en régie directe dans toutes les municipalités ;

• fourniture d’un minimum gratuit pour les besoins domestiques (40 litres par jour et par personne) et, au-delà, tarif progressif pour les gros consommateurs ;

• arrêt des coupures d’eau qui touchent les plus démunis ;

• création d’instances démocratiques de contrôle de la gestion de l’eau, avec participation des usagers et des syndicats d’employés de ces services.


TRANSPORTS

Pour lutter contre la pollution, en finir avec le tout-automobile et redonner la rue aux piétons et aux cyclistes, pour un meilleur cadre de vie :

• développer des réseaux de transport non polluants ;

• gratuité des transports en commun urbains (bus, métro, tramway, réseau public de mise à disposition de vélos) ;

• création de transports en commun qui permettent de relier entre eux les quartiers à la périphérie des grandes agglomérations ;

• maintien et réouverture des gares et des dessertes jugées « non rentables ».


POLLUTION

Face à l’urgence et afin de préserver notre environnement, des mesures concrètes et radicales doivent être prises :

• limiter la circulation des camions et des automobiles dans les villes ;

• mise en place de collectes sélectives des produits dangereux (piles, produits chimiques), et d’un service public de la collecte, du tri et du retraitement des déchets industriels et ménagers, émanant des collectivités locales, indépendant des trusts et contrôlé par la population ;

• droit de veto des populations sur tout projet d’implantation d’entreprises à haut risque, sur le transport des matières dangereuses et sur la culture en plein champ des OGM ;

• diversifier les modes de production d’énergie en priorisant les économies d’énergie et celles qui sont renouvelables ;

• favoriser l’implantation d’une agriculture de qualité ;

• soumettre tous les projets d’aménagement du territoire à un réel débat public et à un contrôle démocratique.


PETITE ENFANCE

Nous voulons la création d’un grand service public de la petite enfance, gratuit et accessible à tous. Il doit être géré au plus près par les collectivités locales, avec des dotations d’État permettant l’égalité entre communes riches et communes pauvres. L’accueil de la petite enfance doit être une des priorités budgétaires de la commune :

• création de crèches permettant un accueil de qualité pour tous les enfants, en préservant les statuts des personnels et en leur donnant une formation adaptée.


QUATRIÈME ÂGE

Il faut développer une politique pour nos anciens, dans le cadre d’un service public national du quatrième âge, leur donnant le choix de leur mode de vie :

• création de maisons collectives de qualité ;

• maintien au domicile, combiné avec une politique de prestations (soins, restauration, activités collectives, lieux de rencontre) pour rompre l’isolement ;

• maintien et extension de tous les services publics, de petits commerces de proximité.


ÉCOLE

La LCR revendique des crédits pour l’école, une augmentation des postes et des moyens, chiffrés par les enseignants et les parents, pour accueillir tous les élèves dans de bonnes conditions, dans le cadre d’un service public laïque national :

• interdiction des fermetures de classes ;

• ouverture de classes maternelles pour scolariser les enfants dès l’âge de 2 ans ;

• donner tous les moyens nécessaires pour l’accueil des enfants handicapés ;

• refuser de voter les crédits au privé en recourant à la désobéissance civile pour contester la loi qui l’impose ;

• faire inscrire tous les enfants, avec ou sans papiers, résidant dans la commune à l’école et aux cantines, sans conditions.


SANTÉ

• Non aux fermetures d’établissements et des services hospitaliers de proximité (maternités…) ;

• création ou extension de centres de proximité regroupant les services de santé (PMI, centre d’orthogénie et de planification…) ;

• création de dispensaires de santé, dans les quartiers, les communes rurales, pour toutes et tous, gratuits pour ceux qui ne peuvent payer ou n’ont pas de sécurité sociale.


CULTURE

• Aides à l’accès aux œuvres comme à la formation artistique et aux pratiques créatives ;

• soutien aux luttes des intermittents du spectacle ;

• ouverture et développement de lieux publics d’accès à la culture : bibliothèque, médiathèque, salle de spectacle, projections de films à bas prix échappant aux diffuseurs privés ;

• développement, dans le cadre communal ou intercommunal, de lieux d’activités culturelles et sportives, dans des ateliers ou à l’école, avec tous les équipements et moyens nécessaires à ces activités.


JEUNESSE

• Aides à l’accès au logement avec, par exemple, caution de la commune pour toutes les garanties financières exigées ;

- espaces jeunes, centres sociaux avec animateurs, travailleurs sociaux, médecins, et psychologues, où tous les problèmes puissent être abordés en toute confiance. En particulier, l’accès à la contraception et à l’avortement, gratuit, y compris pour les mineures (notamment préservatifs gratuits, cours d’éducation sexuelle co-organisés par des associations féministes), et l’homophobie, dont les difficultés qu’elle engendre sont la première cause de suicide chez les jeunes ;

• mise en œuvre du droit d’association et d’expression dans les établissements scolaires ;

• élection de représentants des jeunes associés aux conseils municipaux, ou mise en place d’un système permanent de consultation des jeunes, dans des conseils de quartier.


FEMMES

Pour que les femmes prennent toute leur place dans la vie sociale et politique, il faut mettre un terme à leur oppression, tant dans la sphère publique que privé :

• création de maisons de la petite enfance offrant un choix d’accueil des tout-petits dans le cadre d’un vrai service public de la petite enfance ;

• égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes dans l’ensemble des emplois publics gérés par les municipalités et refus de toute forme de contrat précaire ;

- création ou soutien (y compris financier) de maisons des femmes, afin d’offrir aux femmes un lieu de libre expression et d’organiser la solidarité avec les femmes victimes de violences ou confrontées à l’isolement et à la solitude ;

• création, au niveau communal, ou de plusieurs communes, de trois structures d’accueil pour les femmes victimes de violence : une pour l’accueil et l’hébergement d’urgence ; une autre pour l’hébergement de court séjour, l’aide psychologique et la recherche de logement ou d’emploi ; et la dernière pour l’hébergement de moyen et long séjour et l’aide à la reconstruction.


ÉTRANGERS

À l’échelon local, comme à l’échelon national, nous défendons l’égalité entre Français et étrangers. La régularisation de tous les sans-papiers ainsi que l’abrogation des lois racistes sont urgentes au niveau national. Au niveau local, nous proposons :

• des initiatives municipales pour favoriser l’adoption d’une loi pour le vote des étrangers (par exemple, par la création d’élus associés au conseil municipal ou l’ouverture de listes électorales aux étrangers résidant sur la commune) ;

• de combattre toutes les discriminations (embauche, logement…) en créant, par exemple, des observatoires locaux des discriminations.


DÉMOCRATIE

Une démocratie radicale doit redonner aux populations le pouvoir de décider et contrôler toutes les décisions :

• organisation de référendums permettant à tous les résidents (y compris les résidents étrangers) de donner leur avis sur la gestion de la commune ;

• comités de quartier gérés par les habitants avec pouvoirs et moyens (budget) de décision.


CONTRE LE TOUT-SÉCURITAIRE

• Réimplantation des services publics dans les quartiers populaires : ce n’est pas à cause de l’insécurité que les services publics désertent les « quartiers difficiles ». Ce n’est pas parce que les services publics désertent ces quartiers que l’insécurité y progresse ;

• priorité absolue donnée à l’aide aux victimes : un commissariat n’est pas forcément le meilleur endroit pour que les victimes puissent se confier. Soutien aux structures associatives de prévention et d’aide aux victimes ;

• interdiction et dissolution des polices municipales, avec reconversion et formation des salariés dans des activités socialement utiles.


FISCALITÉ

La fiscalité locale est doublement injuste, car elle taxe, proportionnellement, davantage les habitants, les petits artisans et les commerçants que les grands groupes. Elle accentue également les inégalités entre collectivités riches et collectivités pauvres. Une autre politique de répartition des richesses en finirait avec cette double arnaque, en taxant essentiellement les profits et en redistribuant suivant les besoins.

La taxe professionnelle (que doivent les patrons aux collectivités locales), dont une partie avait été exonérée par le gouvernement Jospin et compensée par l’État (plus de 50 % de ce cadeau aux patrons est financé par l’impôt sur le revenu et par la TVA), est maintenant plafonnée – les petits artisans et les petits commerçants payent relativement plus que les grandes entreprises ! Il faut une réforme de la taxe professionnelle qui s’en prenne essentiellement aux profits.

La taxe d’habitation est totalement injuste, car elle n’est pas progressive ; ses bases n’ont pas été revues depuis 1970 – on peut arriver à des situations absurdes, où un manoir qui ne disposait pas de douches dans ces années est moins taxé qu’un HLM dans lequel il y avait une salle de bains et des WC indépendants. Il faut une révision complète des bases de la taxe d’habitation et instaurer sa progressivité. De l’argent, il y en a !


TERRITORIALITÉ

De l’intercommunalité à la décentralisation, les communes n’ont jamais été aussi peu autonomes financièrement, alors que de nombreuses compétences leur sont transférées :

• politique de péréquation corrigeant les revenus et potentiels fiscaux entre communes ;

• élection des structures intercommunales en même temps que le conseil municipal. Les services publics intercommunaux sont nécessaires pour les petites communes qui ont besoin de mutualiser ; les habitants doivent être les seuls « décideurs-contrôleurs ».


EMPLOYÉS MUNICIPAUX

Des élus aux côtés des employés municipaux :

• titularisation des auxiliaires, contractuels, précaires, remplaçants et vacataires ;

• uniformisation des régimes indemnitaires des salariés de la collectivité locale, en intégrant les primes et indemnités dans le salaire ;

• conversion des « emplois aidés », CAE, contrats d’avenir, d’adultes relais, Civis, en emplois stables dans la commune, ainsi que dans les caisses centrales d’activités sociales et associations travaillant pour elle.